ART PRIMITIF
ARTS PRIMITIFS / GENERALITES (59 )
AFRIQUE...
Afrique / Généralités (218 )
BĂ©nin (Dahomey) (3 )
Burkina Faso (19 )
Cameroun (3 )
CĂ´te d'Ivoire (28 )
Congo (Brazzaville/ZaĂŻre) (70 )
Gabon (8 )
Ghana (5 )
Madagascar (3 )
Mali (28 )
Niger (1 )
Nigéria (20 )
Sierra LĂ©one (2 )
Togo (1 )
Autres pays d'Afrique... (6 )
OCEANIE (66 )
ASIE...
Indonésie (6 )
Autres pays d'Asie... (6 )
AMERIQUES...
Amérique du nord (2 )
Amérique centrale (1 )
CATALOGUES DE VENTE...
Ventes françaises (5 )
Sotheby's (3 )
PUBLICATIONS / REVUES (6 )
 
 

 
 
Mali
 
 

ODEYE-FINZI M. / BEROT-INARD T.

MINIATURES DOGON

Un art évincé

Paris 2010, parution limitée
Broché
70 p. , 41 ill. coul.
Prix:  40,00 €
 

La miniaturisation d’objets du quotidien, leur donne une mission complexe alliant le sacrĂ©, le thĂ©rapeutique et le religieux. Non reconnus par les canons classiques de l’art, ces objets oubliĂ©s, sont Ă©vincĂ©s. Les auteurs proposent une Ă©vocation poĂ©tique entre anthropologie et art.

 
 

Réf. Tribal-youBooks  : [20/842]
Auteur(s)
:

Titre  :

MINIATURES DOGON

Un art évincé

Type d'ouvrage 
:Ouvrage généraliste ou thématique
Editeur  : l’anthropo, Paris,  2010
Broché , , 22 x 22 cm
ISBN 99933-47-39-2
Contenu
: Contenu : 70 p., 41 ill. coul.
Informations
 complémentaires
: parution limitée
Poids 
: Poids : 510 g
Etat de l'ouvrage 
: Très bon état
Prix 
: 40,00 €
 

La miniaturisation d’objets du quotidien, leur donne une mission complexe alliant le sacrĂ©, le thĂ©rapeutique et le religieux. Non reconnus par les canons classiques de l’art, ces objets oubliĂ©s, sont Ă©vincĂ©s. Les auteurs proposent une Ă©vocation poĂ©tique entre anthropologie et art.

 
 

 

SCHMIDT J-K. / HEYMER K. / LELOUP H.

DOGON - MEISTERWERKE DER SKULPTUR / CHEFS-D’OEUVRE DE LA STATUAIRE DOGON

cat.expo, Galerie der Stadt, Stuttgart : 26/4 - 2/8/1998
Stuttgart 1998
Broché
136 p., 6 ill. n/b , 25 ill. coul. , 1 photos n/b , 3 photos coul. , 13 pl. coul. , 2 cartes
Prix:  37,00 €
 

C’est sur les pentes raides des falaises de Bandiagara, entre le Haut-Plateau et la Savane du Mali en Afrique Occidentale, que rĂ©side le peuple des Dogon. Il se compose de plusieurs clans que rĂ©unit un mythe fondateur commun. L’histoire de cette communautĂ© qui vit toujours encore aujourd’hui au coeur de ses traditions religieuses, artistiques et sociales est longue de plus de 900 ans. Mais cette culture autonome est menacĂ©e de disparaĂ®tre dans les annĂ©es Ă  venir qui verront s’amplifier les problèmes climatiques, l’exode rural, les pressions de la civilisation avec les ruptures culturelles que comporte forcĂ©ment l’islamisation croissante. Tandis que la science ethnologique tente de fixer et conserver tout ce qui peut encore l’ĂŞtre, cette exposition entend donner au public de l’art la possibilitĂ© de dĂ©couvrir les chefs-d’oeuvre d’une culture qui a Ă©tĂ© classĂ©e en 1989 par l’UNESCO patrimoine culturel mondial. Les chefs-d’oeuvre de la statuaire Dogon : les statues DjennenkĂ© - les statues Nongom et les statues Tellem sont des Ă©lĂ©ments fondamentaux d’une religion animiste dans laquelle les forces de la rĂ©alitĂ© naturelle se prĂ©sentaient selon des apparences humaines. Comme il n’y a plus de prĂŞtre animiste, la tradition de l’essence de cette religion s’est perdue. C’est pourquoi ces sculptures, qui garderont Ă  jamais le secret de leur sens, sont, Ă  cĂ´tĂ© de l’architecture des villages, les seuls tĂ©moins d’une civilisation jadis hautement Ă©voluĂ©e. Elles se distinguent des fĂ©tiches totĂ©miques qu’on connaĂ®t dans l’ethnologie africaine par leur indĂ©niable autonomie et une volontĂ© de stylisation qui est bien celle d’artistes Ă  l’oeuvre. En grande partie et pour l’essentiel le catalogue de cette exposition est consacrĂ© aux oeuvres en bois des Dogon et des Tellem, le peuple qui les a prĂ©cĂ©dĂ©s. Ce sont des oeuvres qui comptent parmi les plus importantes de la production artistique africaine, et qui entrent ainsi dans une histoire universelle de l’art.

 
 

Réf. Tribal-youBooks  : [20/724]
Auteur(s)
:

Titre  :

DOGON - MEISTERWERKE DER SKULPTUR / CHEFS-D’OEUVRE DE LA STATUAIRE DOGON

Type d'ouvrage 
:Catalogue d'exposition
Galerie der Stadt, Stuttgart : 26/4 - 2/8/1998
Editeur  : Galerie der Stadt, Stuttgart,  1998
Broché , , in-4, 22.5 x 31.5 cm
Contenu
: Contenu : 136 p., 6 ill. n/b, 25 ill. coul., 1 photos n/b, 3 photos coul., 13 pl.coul., 2 cartes
Informations
 complémentaires
: Texte bilingue en allemand et français. Catalogue épuisé.
Poids 
: Poids : 1010 g
Etat de l'ouvrage 
: Très bon état
Prix 
: 37,00 €
 

C’est sur les pentes raides des falaises de Bandiagara, entre le Haut-Plateau et la Savane du Mali en Afrique Occidentale, que rĂ©side le peuple des Dogon. Il se compose de plusieurs clans que rĂ©unit un mythe fondateur commun. L’histoire de cette communautĂ© qui vit toujours encore aujourd’hui au coeur de ses traditions religieuses, artistiques et sociales est longue de plus de 900 ans. Mais cette culture autonome est menacĂ©e de disparaĂ®tre dans les annĂ©es Ă  venir qui verront s’amplifier les problèmes climatiques, l’exode rural, les pressions de la civilisation avec les ruptures culturelles que comporte forcĂ©ment l’islamisation croissante. Tandis que la science ethnologique tente de fixer et conserver tout ce qui peut encore l’ĂŞtre, cette exposition entend donner au public de l’art la possibilitĂ© de dĂ©couvrir les chefs-d’oeuvre d’une culture qui a Ă©tĂ© classĂ©e en 1989 par l’UNESCO patrimoine culturel mondial. Les chefs-d’oeuvre de la statuaire Dogon : les statues DjennenkĂ© - les statues Nongom et les statues Tellem sont des Ă©lĂ©ments fondamentaux d’une religion animiste dans laquelle les forces de la rĂ©alitĂ© naturelle se prĂ©sentaient selon des apparences humaines. Comme il n’y a plus de prĂŞtre animiste, la tradition de l’essence de cette religion s’est perdue. C’est pourquoi ces sculptures, qui garderont Ă  jamais le secret de leur sens, sont, Ă  cĂ´tĂ© de l’architecture des villages, les seuls tĂ©moins d’une civilisation jadis hautement Ă©voluĂ©e. Elles se distinguent des fĂ©tiches totĂ©miques qu’on connaĂ®t dans l’ethnologie africaine par leur indĂ©niable autonomie et une volontĂ© de stylisation qui est bien celle d’artistes Ă  l’oeuvre. En grande partie et pour l’essentiel le catalogue de cette exposition est consacrĂ© aux oeuvres en bois des Dogon et des Tellem, le peuple qui les a prĂ©cĂ©dĂ©s. Ce sont des oeuvres qui comptent parmi les plus importantes de la production artistique africaine, et qui entrent ainsi dans une histoire universelle de l’art.

 
 

 

SCHWEEGER-HEFEL A.

MASKEN UND MYTHEN

Sozialstrukturen des Nyonyosi und Sikomse in Obervolta

Wien 1980
Relié
Prix:  75,00 €
 

Ce superbe ouvrage "Masken und Mythen" qui a pour thème les masques et les mythes Ă  travers les structures sociales des Nyonyose et des Sikomse de Haute-Volta rĂ©uni 2 volumes sous emboitage pvc regroupant : - Un livre contenant le texte, agrĂ©mentĂ© de nombreux croquis et suivi d’un hors texte de 170 photos de terrain en noir et blanc. & - Un portfolio de 136 croquis de masques.

DĂ©diĂ© au regrettĂ© Wilhelm Staude, cet ouvrage constitue une contribution exceptionnelle Ă  la connaissance des populations du Mogho (pays Mossi, Haute-Volta) d’une part, Ă  celle des masques africains d’autre part et dont le contenu traite successivement : les masques et leurs formes - la topographie du masque - les groupes de masques - l’analyse de la forme - les masques de famille - les tombes des Nyonyosi - les Nyonyosi et les Sikomse - le grade et fonction - le statut des femmes - les fĂŞtes et les cĂ©rĂ©monies - les danses et la musique - les autels et animaux sacrificiels - les masques des Sikomse - le masque dans le mythe - le masque dans la tradition orale - les Suku - le vocabulaire - le vocabulaire comparatif - les textes- les peintures du masque Nyonyosi - Les caractères de masque - les signes sur les diffĂ©rents masques - le "contenu" des signes - le caractère naturel : l’image de l’idĂ©e - les signes synonymes et homonymes - les combinaisons de signes - le lien avec les mythes - la comparaison avec les signes des Dogon et des Bambara - le style - les Ă©lĂ©ments de forme - les Ă©lĂ©ments structurels - les modifications formelles crĂ©atives - l’analyse de la forme : un moyen de trouver un plan structurel - l’analyse structurale des masques antilope - le modèle - le changement de style - la comparaison des masques et des vieilles sculptures de pierre.


===== COMPTE RENDU COMPLET PUBLIE PAR LA REVUE "PERSEE" =====

... /... Les problèmes relatifs Ă  la formation et Ă  l’Ă©quilibre ethnique des royaumes Mossi ne sont pas encore Ă©lucidĂ©s. Il semble qu’il faille rĂ©server le terme de Mossi (Mose) pour dĂ©signer une couche conquĂ©rante qui s’est installĂ©e progressivement dans cette aire Ă  partir de la fin du XVème siècle ; elle comprend une aristocratie hiĂ©rarchisĂ©e, les Nakomse, et le peuple commun, les Taise. Les Nakomse dĂ©tiennent l’autoritĂ© politique dans les royaumes Mossi (Ouagadougou au Centre, le Yatenga au Nord et Ten Kodogo au Sud) ; ce sont eux surtout qu’a connus l’administration europĂ©enne, l’image courante qui est donnĂ©e du pays est encore largement tributaire des informations, nĂ©cessairement subjectives, qu’ils ont fournies. Les Mossi proprement dits dĂ©signent par le terme d’« enfants de la terre » (Tengbisi) les descendants des populations qu’ils ont soumises, premières occupantes. Le terme Nyonyose (singulier : Nyonyoga) est employĂ© par Mme Schweeger-Hefel, comme Ă©quivalent de Tengbisi, ce qui correspond Ă  quelques nuances près Ă  l’usage des Mossi eux-mĂŞmes. Certains de ces Tengbisi, que l’on caractĂ©rise plus loin, sont dĂ©signĂ©s par le terme Sikomse (singulier : Sikoaga) ; leur terre d’Ă©lection se situe Ă  l’Ouest d’une ligne Ouagadougou-Gourcy, mais on en rencontre ailleurs. Deux autres notions ethniques viennent compliquer ce tableau. Dans certaines rĂ©gions, il semble que des Ninisi (singulier : Niniga),qui reprĂ©senteraient les vestiges d’un vieux fond de population Mandingue faisant le pont entre les Samo au Nord et les Bisa au Sud, soient prĂ©sents et jouent un rĂ´le dans les relations entre les Nyonyose et les Mossi proprement dits. Enfin, des traces d’une ancienne occupation par les Dogon (dĂ©nommĂ©s ici kibisi) sont signalĂ©es sur une bonne partie du Mogho. MalgrĂ© l’emploi aujourd’hui gĂ©nĂ©ral du MorĂ©, qui serait la langue des maĂ®tres politiques, le problème des contacts et des survivances linguistiques restent Ă  revoir depuis le pays Dagomba (Nord Ghana) jusqu’au Lurum (Mengao, au Nord du pays Mossi) et au pays Dogon. L’enquĂŞte de Mme Schweeger-Hefel a Ă©tĂ© limitĂ©e Ă  la vieille couche (« Altschicht ») dĂ©signĂ©e sous le nom de Nyonyose et Ă  la fraction dĂ©signĂ©e sous le nom de Sikomse. CommencĂ©e sur le terrain en 1965 et se poursuivant encore, cette recherche apporte de nombreuses et nouvelles donnĂ©es sur les deux catĂ©gories de population dont il s’agit. L’enquĂŞte sur les Nyonyose est très riche en ce qui concerne le Lurum, le Yatenga et la rĂ©gion limitrophe situĂ©e au Sud du Yatenga. La moitiĂ© du livre (six chapitres sur douze) est consacrĂ©e Ă  l’Ă©tude des masques, qui sont l’apanage de certaines familles Nyonyose. Le chapitre V apporte en outre de nombreux renseignements sur l’origine des Nyonyose, la hiĂ©rarchie de leurs dignitaires, leur langue « secrète » (plutĂ´t symbolique, mis Ă  part l’emploi du KurumfĂ©, langue parlĂ©e au Lurum, dans certains cas), la situation de la femme dans cette sociĂ©tĂ© (situation importante et respectĂ©e mais existe le problème des « mangeuses d’âmes »), les fĂŞtes, les rites et les tombes. L’enquĂŞte rĂ©vèle que les Nyonyose du Nord ont pour chef suprĂŞme le Sad-Naba de Giou, village situĂ© au Sud de BĂ©ma. Dominique Zahan avait dĂ©jĂ  fait connaĂ®tre ce fait qui est ici explicitĂ©. Le Giou Sad-Naba est un Sawadugu, descendant des fondateurs du premier royaume de Lurum. On compte 21 gĂ©nĂ©rations entre l’arrivĂ©e du Sad-Naba Ă  Giou et notre Ă©poque. L’enquĂŞtrice prĂ©cise que cette indication correspond Ă  celles qui ont Ă©tĂ© recueillies sur l’installation du premier A-Yo (KonfĂ©) et du premier Tengasoba Ă  Lurum. La conclusion de la paix entre les KonfĂ© et les Nyonyose, source de l’Ă©quilibre social du Lurum II, se situerait en consĂ©quence aux alentours de 1530-1540. Le Sad-Naba aurait perdu son autoritĂ© politique mais intĂ©gralement conservĂ© son autoritĂ© religieuse. Il est en particulier le gardien et le servant des âmes des plantes. Le calendrier et les choix agricoles sont sous la dĂ©pendance de ses autels. Le Sad-Naba aurait en outre le rĂ´le d’une sorte de tribunal inter-fonctionnel pour le Yatenga. Mme Schweeger-Hefel Ă©crit : « Le Sad-Naba constitue aussi l’instance suprĂŞme juridique lors d’une dispute entre un Tengsoba et un chef ». Le maĂ®tre de la terre (Tengasoba), qui est en mĂŞme temps le servant de la terre, occupe partout une position Ă©minente. Son pouvoir s’Ă©tend dans certains cas sur une vaste rĂ©gion. Tous les Tengasoba ne disposent pas d’une force spirituelle Ă©gale. Cette force se manifeste en particulier par le contrĂ´le des phĂ©nomènes atmosphĂ©riques. L’action protectrice des Nyonyose et de leur chef, le Tengasoba, s’exerce au profit de toutes les communautĂ©s installĂ©es sur leur sol. Les instruments-autels clĂ©s sont la hache pour la fertilitĂ© (terre, pluie, fĂ©conditĂ© humaine) et le masque sacrĂ© — le Karenga — pour la conservation de la vie, encore que les deux fonctions et les deux objets soient intimement liĂ©s. Le Karenga ne doit pas ĂŞtre confondu avec le Wango, masque purement animalier le plus souvent, qui n’a pas la mĂŞme importance religieuse. Seules possèdent le Wango les familles qui ont aussi le Karenga, ce dernier Ă©tant rĂ©servĂ© aux usages les plus Ă©levĂ©s qui sont aussi les plus rares. Les familles habilitĂ©es par la tradition Ă  garder et servir les masques dĂ©tiennent un grand pouvoir : elles bĂ©nĂ©ficiaient d’une protection spĂ©ciale de la part du Yatenga-Naba (chef suprĂŞme des Nakomse du Yatenga). Les formes et les signes des masques se retrouvent Ă  l’examen des stèles posĂ©es sur les tombes des Tengasoba. Un cimetière comme celui de Gambo garde 52 de ces stèles, ce qui rĂ©vèle une anciennetĂ© de l’ordre de 500 ans (la durĂ©e de fonction d’un Tengasoba Ă©tant courte car il s’agit d’un vieillard), d’autres cimetières ont un moins grand nombre de stèles (âge : 250-300 ans). Mme Schweeger-Hefel a dĂ©couvert dans le Lurum des polissoirs ou petites meules manuelles, enterrĂ©es, pense-t-elle, Ă  l’Ă©poque de la fuite de certains Nyonyose du Lurum I vers le Sud, c’est-Ă -dire dans la première moitiĂ© du XVIème siècle ; ces objets sont Ă©galement dans le style des masques les plus significatifs.

L’Ă©tude des Nyonyose conduit inĂ©luctablement Ă  celle des Sikomse comme nous avions pu le constater dans nos propres recherches (« Recherches sur les NioniossĂ© », /Les VoltaĂŻques, nouvelle sĂ©rie, mĂ©moire n° 4, Centre IFAN-ORSTOM, Ouagadougou, 1963). Nous avions, pour la prĂ©sentation, divisĂ© les Nyonyose en deux groupes : les Tengsobadamba et leurs parents d’une part, les Sikomse d’autre part. Cette distinction Ă©tait trop peu nuancĂ©e puisque les Sikomse ont un Tengsoba quand ils vivent dans un village d’oĂą les Nyonyose sont absents ; il se trouve simplement, comme le montre l’enquĂŞte de Mme Schweeger-Hefel, que le Tengsoba des Sikomse ne porte pas la hache, attribut essentiel de son homologue chez les Nyonyose. Bien que les Nyonyose et les Sikomse aient, d’après divers rĂ©cits mythiques, une commune origine ancestrale, il paraĂ®t dont lĂ©gitime de les distinguer. Mme Schweeger-Hefel s’est heurtĂ©e au secret dont s’entourent les Sikomse. Elle apporte nĂ©anmoins de nombreux renseignements sur la hiĂ©rarchie, les fonctions, la situation de la femme (aussi Ă©levĂ©e, sinon plus, que chez les Nyonyose), les fĂŞtes et cĂ©rĂ©monies, les rites d’inhumation et de funĂ©railles, les danses et la musique, les autels et les sacrifices (chapitre VII), sur les masques (chapitre VIII) et sur le Suku, langue secrète (chapitre IX) qui comprend notamment du KurumfĂ© (environ 16 %) et du MorĂ© artificiellement dĂ©formĂ© (environ 25 %). Avec les Sikomse, nous cĂ´toyons un peu le roman d’angoisse et cette « Afrique mystĂ©rieuse » chère Ă  la littĂ©rature coloniale d’avant 1935, qu’il n’est pas si aisĂ© de rencontrer et d’observer. Les Sikomse sont surtout nombreux dans le Sud-Ouest du Mogho. InstallĂ©s dans des enclos dispersĂ©s, d’aspect Ă©crasĂ©, aux murs bas, ressemblant un peu Ă  des forteresses, ils vivent volontiers dans des zones peu fertiles et peu accessibles. Ils sont souvent de petite taille. Les habitations ont de petites ouvertures. Leur vie marginale par rapport Ă  la sociĂ©tĂ© du Mogho est en harmonie avec leur isolement gĂ©ographique. La pauvretĂ© du sol et la mĂ©diocritĂ© des ressources sont confirmĂ©es par l’Ă©tude des migrations actuelles : prĂ©s d’un tiers des emigrants de l’Ouest sont des Sikomse (Kohler). L’entrĂ©e du sĂ©jour des morts pour le Mogho, les cavernes de Pilimpiku, se trouve dans cette rĂ©gion. Il y aurait au moins deux cavernes, l’une Ă©tant aux soins des Nyonyose, l’autre Ă  ceux des Sikomse, chaque catĂ©gorie pratiquant un culte distinct. La mort en pays Mossi est ainsi rĂ©gentĂ©e par ces deux groupes. Les masques des Sikomse sont nombreux mais peu d’exemplaires peuvent en ĂŞtre examinĂ©s. On sait peu de chose sur le masque sacrĂ© (ce serait le masque dit « jeune fille » dans certains cas). Les masques courants sont des casques animaliers ; le porteur est entièrement cachĂ© et danse aveuglĂ©ment. Il s’agit de danses de possession. Le masque est ici fait pour la danse. EnquĂŞtant au village de Pela, Mme Schweeger-Hefel n’a pas eu accès aux masques ; elle reproduit nĂ©anmoins les intĂ©ressants dessins faits sur un cahier par un jeune homme mandatĂ© Ă  cet effet par le chef. Les autels sont, bien entendu, plus secrets encore. Comparant les Nyonyose et les Sikomse, Mme Schweeger-Hefel conclut avec circonspection Ă  deux structures fondamentales semblables mais Ă  deux missions distinctes. Les chefs de terre des Nyonyose sont au service du bien public auquel contribuent le culte de la terre et des Ă©lĂ©ments atmosphĂ©riques d’une part, celui des ancĂŞtres sanctifiĂ©s d’autre part. Les Nyonyose occupent un rang supĂ©rieur Ă  celui des Sikomse. Ceux-ci sont chargĂ©s de dĂ©tourner, voire d’assumer, les forces mauvaises des esprits des morts errant sur terre et de s’assimiler aussi Ă  ces innombrables gĂ©nies de la nature (des eaux, des monts, des roches et surtout des arbres) que sont les Kinkilika ou Kinkirga. Les Sikomse sont en contact avec le dangereux monde du mouvement, du dĂ©sordre, de la sauvagerie — du monde panique en somme, interprèterons-nous. On peut constater que, dans la sociĂ©tĂ© traditionnelle, les pouvoirs de ces premiers occupants que sont les Nyonyose et les Sikomse sont des Ă©lĂ©ments d’Ă©quilibre face au pouvoir temporel lĂ©gitime (le Nam) que dĂ©tiennent les Nakomse. L’emploi de la force (Panga) est autant que possible Ă©vitĂ© de part et d’autre.

Les masques Nyonyose Ă©tudiĂ©s proviennent pour la plupart du Lurum ou du Yatenga ou s’y trouvent encore. Ils se divisent en huit groupes : 1 — Masques Ă  forme humaine abstraite (famille Oueremi, Tomi, SalĂ©, 17 pièces) ; 2 — Masques abstraits avec une partie visage non unitaire (masques simples au symbolisme riche - famille SalĂ© de HitĂ©, Sawadugu ou Tao de Aribinda et Belehede, SamporĂ© de Burgha, GamsorĂ© de Sala - 8 pièces) ; 3 — Masques Ă  stèle courte, non dĂ©membrĂ©e, Ă  la manière d’une planche (masques de certains Tengasoba sur un espace très restreint — 6 pièces) ; 4 — Longs masques-stèles (masques des Tengasoba Sawadugu sur un vaste espace entre Ouahigouya, Gourcy, Rambo et Loga — 34 pièces) ; 5 — Masques Ă  reprĂ©sentation humaine rĂ©aliste, avec ou sans stèle (leur prĂ©sence est certaine dans le Nord, probable ailleurs — 21 pièces) ; 6 — Masques Ă  ailes (le motif central va de la reprĂ©sentation rĂ©aliste de l’humain Ă  l’abstraction totale — on les trouve surtout au Sud-Est entre Kaya et Boulsa — 13 pièces) ; 7 — Masques-Ă©pĂ©es (6 pièces dont deux de la famille Tao de Yoro — cela va du masque- espadon au masques-battoir — ces masques sont liĂ©s Ă  la notion de tissage) ; 8 — Masques-coiffes Ă  tĂŞte d’antilope (au cĹ“ur du Yatenga sur une vaste superficie entre Ronga et Tambonga — 26 pièces). Les masques karenga se trouvent principalement dans les cinq première catĂ©gories. Les masques Wango sont surtout ceux de la huitième catĂ©gorie. Mme Schweeger-Hefel relate de nombreux « mythes de masque ». Elle montre comment par sa structure, par les signes qu’il porte, par sa fonction d’autel (s’agissant d’un Karenga), le masque est insĂ©parable du rĂ©cit mythique, de la danse et du chant. Le masque prĂ©sente en particulier un rythme formel, une succession de sĂ©quences longues et de sĂ©quences courtes, qui est Ă  rapprocher du rythme de la danse qui lui est rĂ©servĂ©e. Le chapitre XII est consacrĂ© Ă  l’analyse du style des masques. L’Ă©lĂ©ment fondamental rĂ©side dans une proportion bien prĂ©cise du corps humain qui se rapproche grandement des mesures naturelles, avec une progression en ce sens quand on remonte vers l’Ă©poque actuelle. La prĂ©sence des deux sexes est frĂ©quente et ancienne dans les reprĂ©sentations, souvent abstraites (nous songeons personnellement au couple Guisga-PandĂ© que nous avons plusieurs fois rencontrĂ© dans nos recherches). Il existe une corrĂ©lation entre l’abstraction (ou au contraire l’individualisation) du rĂ©cit mythique et celle du masque. L’image originaire (Urbild) du masque est la plus abstraite : elle correspond au mythe d’origine (Urmythe) , au lieu oĂą il est relatĂ©. Grâce en particulier aux travaux de Michel Izard, de Wilhelm Staude et de Annemarie Schweeger-Hefel, nous approchons d’une exacte connaissance de la culture des populations du Nord-Mossi et du Lurum. L’enquĂŞte de Mme Schweeger-Hefel apporte aussi de prĂ©cieux renseignements sur le Sud-Ouest mais il est Ă©vident que l’Ă©tat des informations sur les Sikomse et les" hommes de l’arc" (les Tieparse) est encore fragmentaire. Un travail comparable Ă  celui qu’a rĂ©alisĂ© Mme Schweeger-Hefel serait du plus haut intĂ©rĂŞt pour le Sud, depuis Kaya jusqu’aux frontières ghanĂ©enne, bĂ©ninoise et togolaise. Les Nyonyose paraissent y former des sortes de fĂ©dĂ©rations hiĂ©rarchisĂ©es qui ont des relations d’alliance avec les hiĂ©rarchies familiales des Nakomse. L’institution du Wemba, intercesseur auprès des chefs, ne leur est peut-ĂŞtre pas Ă©trangère. Mme Schweeger-Hefel ne semble pas avoir rencontrĂ© au cours de ses investigations la couche, Ă©galement ancienne, des Ninisi. Le fait est curieux pour l’Ouest. Le phĂ©nomène Niniga mĂ©riterait une enquĂŞte sĂ©rieuse auprès du Ouagadougou Naba, du Souma Naba (rĂ©gion de Yako), dans les familles Llboudo et dans de nombreux villages (Recherches prĂ©citĂ©es, p. 4243). Les chefs de guerre du Sud (les Tansoba) devraient retenir l’attention Ă  ce point de vue. On retrouverait sans doute, Ă  la faveur d’une telle investigation, les forgerons dont Mme Schweeger-Hefel a commencĂ© l’Ă©tude (« Masques et forgerons », p. 176). La chasse et les chasseurs sont prĂ©sents dans les rĂ©cits d’origine ; leur Ă©tude, qui conduirait Ă  celle de l’autel Sing apparaĂ®t ĂŞtre le complĂ©ment nĂ©cessaire de celle des Tengbisi. Si on retient le schĂ©ma historico-social fourni par la tradition orale qui fait des Mossi proprement dit (Nakomsc et Taise) un peuple mobile de cavaliers guerriers fixĂ© auprès de populations autochtones, peut-on admettre que ce peuple n’aurait pas eu de masques ? Nous en doutons. Le problème des Mo-Wamdo (Masques des Mose) est Ă  examiner sĂ©rieusement dans le royaume de Ouagadougou. Il devrait ĂŞtre indicatif de la valeur du schĂ©ma traditionnel. La complexitĂ© de l’ensemble « Mossi » est-elle un cas isolĂ© dans cette rĂ©gion d’Afrique ? Il ne le semble pas (exemple : le pays Mawri au Niger), encore qu’elle soit ici extrĂŞme.

Robert PAGEARD.

 
 

Réf. Tribal-youBooks  : [20/463]
Auteur(s)
:

Titre  :

MASKEN UND MYTHEN

Sozialstrukturen des Nyonyosi und Sikomse in Obervolta

Type d'ouvrage 
:Ouvrage généraliste ou thématique
Editeur  : Verlag A. Schendl, Wien,  1980
Relié avec reliure d'éditeur Très bon Ă©tat , 2 vol. , 18.5 x 25.5 cm
ISBN 3-85 268-070-0
Contenu
: Contenu : biblio.
Vol. I : 480 p., 2 cartes, 54 tabl., 15 sch., 92 dess. n/b., + 68 p. dont 67 pl. n/b. avec 170 ill. n/b., — Vol.II : portfolio avec 136 pl. dess. n/b.,
Informations
 complémentaires
: Texte en allemand.
Poids 
: Poids : 2140 g
Etat de l'ouvrage 
: Très bon état
Prix 
: 75,00 €
 

Ce superbe ouvrage "Masken und Mythen" qui a pour thème les masques et les mythes Ă  travers les structures sociales des Nyonyose et des Sikomse de Haute-Volta rĂ©uni 2 volumes sous emboitage pvc regroupant : - Un livre contenant le texte, agrĂ©mentĂ© de nombreux croquis et suivi d’un hors texte de 170 photos de terrain en noir et blanc. & - Un portfolio de 136 croquis de masques.

DĂ©diĂ© au regrettĂ© Wilhelm Staude, cet ouvrage constitue une contribution exceptionnelle Ă  la connaissance des populations du Mogho (pays Mossi, Haute-Volta) d’une part, Ă  celle des masques africains d’autre part et dont le contenu traite successivement : les masques et leurs formes - la topographie du masque - les groupes de masques - l’analyse de la forme - les masques de famille - les tombes des Nyonyosi - les Nyonyosi et les Sikomse - le grade et fonction - le statut des femmes - les fĂŞtes et les cĂ©rĂ©monies - les danses et la musique - les autels et animaux sacrificiels - les masques des Sikomse - le masque dans le mythe - le masque dans la tradition orale - les Suku - le vocabulaire - le vocabulaire comparatif - les textes- les peintures du masque Nyonyosi - Les caractères de masque - les signes sur les diffĂ©rents masques - le "contenu" des signes - le caractère naturel : l’image de l’idĂ©e - les signes synonymes et homonymes - les combinaisons de signes - le lien avec les mythes - la comparaison avec les signes des Dogon et des Bambara - le style - les Ă©lĂ©ments de forme - les Ă©lĂ©ments structurels - les modifications formelles crĂ©atives - l’analyse de la forme : un moyen de trouver un plan structurel - l’analyse structurale des masques antilope - le modèle - le changement de style - la comparaison des masques et des vieilles sculptures de pierre.


===== COMPTE RENDU COMPLET PUBLIE PAR LA REVUE "PERSEE" =====

... /... Les problèmes relatifs Ă  la formation et Ă  l’Ă©quilibre ethnique des royaumes Mossi ne sont pas encore Ă©lucidĂ©s. Il semble qu’il faille rĂ©server le terme de Mossi (Mose) pour dĂ©signer une couche conquĂ©rante qui s’est installĂ©e progressivement dans cette aire Ă  partir de la fin du XVème siècle ; elle comprend une aristocratie hiĂ©rarchisĂ©e, les Nakomse, et le peuple commun, les Taise. Les Nakomse dĂ©tiennent l’autoritĂ© politique dans les royaumes Mossi (Ouagadougou au Centre, le Yatenga au Nord et Ten Kodogo au Sud) ; ce sont eux surtout qu’a connus l’administration europĂ©enne, l’image courante qui est donnĂ©e du pays est encore largement tributaire des informations, nĂ©cessairement subjectives, qu’ils ont fournies. Les Mossi proprement dits dĂ©signent par le terme d’« enfants de la terre » (Tengbisi) les descendants des populations qu’ils ont soumises, premières occupantes. Le terme Nyonyose (singulier : Nyonyoga) est employĂ© par Mme Schweeger-Hefel, comme Ă©quivalent de Tengbisi, ce qui correspond Ă  quelques nuances près Ă  l’usage des Mossi eux-mĂŞmes. Certains de ces Tengbisi, que l’on caractĂ©rise plus loin, sont dĂ©signĂ©s par le terme Sikomse (singulier : Sikoaga) ; leur terre d’Ă©lection se situe Ă  l’Ouest d’une ligne Ouagadougou-Gourcy, mais on en rencontre ailleurs. Deux autres notions ethniques viennent compliquer ce tableau. Dans certaines rĂ©gions, il semble que des Ninisi (singulier : Niniga),qui reprĂ©senteraient les vestiges d’un vieux fond de population Mandingue faisant le pont entre les Samo au Nord et les Bisa au Sud, soient prĂ©sents et jouent un rĂ´le dans les relations entre les Nyonyose et les Mossi proprement dits. Enfin, des traces d’une ancienne occupation par les Dogon (dĂ©nommĂ©s ici kibisi) sont signalĂ©es sur une bonne partie du Mogho. MalgrĂ© l’emploi aujourd’hui gĂ©nĂ©ral du MorĂ©, qui serait la langue des maĂ®tres politiques, le problème des contacts et des survivances linguistiques restent Ă  revoir depuis le pays Dagomba (Nord Ghana) jusqu’au Lurum (Mengao, au Nord du pays Mossi) et au pays Dogon. L’enquĂŞte de Mme Schweeger-Hefel a Ă©tĂ© limitĂ©e Ă  la vieille couche (« Altschicht ») dĂ©signĂ©e sous le nom de Nyonyose et Ă  la fraction dĂ©signĂ©e sous le nom de Sikomse. CommencĂ©e sur le terrain en 1965 et se poursuivant encore, cette recherche apporte de nombreuses et nouvelles donnĂ©es sur les deux catĂ©gories de population dont il s’agit. L’enquĂŞte sur les Nyonyose est très riche en ce qui concerne le Lurum, le Yatenga et la rĂ©gion limitrophe situĂ©e au Sud du Yatenga. La moitiĂ© du livre (six chapitres sur douze) est consacrĂ©e Ă  l’Ă©tude des masques, qui sont l’apanage de certaines familles Nyonyose. Le chapitre V apporte en outre de nombreux renseignements sur l’origine des Nyonyose, la hiĂ©rarchie de leurs dignitaires, leur langue « secrète » (plutĂ´t symbolique, mis Ă  part l’emploi du KurumfĂ©, langue parlĂ©e au Lurum, dans certains cas), la situation de la femme dans cette sociĂ©tĂ© (situation importante et respectĂ©e mais existe le problème des « mangeuses d’âmes »), les fĂŞtes, les rites et les tombes. L’enquĂŞte rĂ©vèle que les Nyonyose du Nord ont pour chef suprĂŞme le Sad-Naba de Giou, village situĂ© au Sud de BĂ©ma. Dominique Zahan avait dĂ©jĂ  fait connaĂ®tre ce fait qui est ici explicitĂ©. Le Giou Sad-Naba est un Sawadugu, descendant des fondateurs du premier royaume de Lurum. On compte 21 gĂ©nĂ©rations entre l’arrivĂ©e du Sad-Naba Ă  Giou et notre Ă©poque. L’enquĂŞtrice prĂ©cise que cette indication correspond Ă  celles qui ont Ă©tĂ© recueillies sur l’installation du premier A-Yo (KonfĂ©) et du premier Tengasoba Ă  Lurum. La conclusion de la paix entre les KonfĂ© et les Nyonyose, source de l’Ă©quilibre social du Lurum II, se situerait en consĂ©quence aux alentours de 1530-1540. Le Sad-Naba aurait perdu son autoritĂ© politique mais intĂ©gralement conservĂ© son autoritĂ© religieuse. Il est en particulier le gardien et le servant des âmes des plantes. Le calendrier et les choix agricoles sont sous la dĂ©pendance de ses autels. Le Sad-Naba aurait en outre le rĂ´le d’une sorte de tribunal inter-fonctionnel pour le Yatenga. Mme Schweeger-Hefel Ă©crit : « Le Sad-Naba constitue aussi l’instance suprĂŞme juridique lors d’une dispute entre un Tengsoba et un chef ». Le maĂ®tre de la terre (Tengasoba), qui est en mĂŞme temps le servant de la terre, occupe partout une position Ă©minente. Son pouvoir s’Ă©tend dans certains cas sur une vaste rĂ©gion. Tous les Tengasoba ne disposent pas d’une force spirituelle Ă©gale. Cette force se manifeste en particulier par le contrĂ´le des phĂ©nomènes atmosphĂ©riques. L’action protectrice des Nyonyose et de leur chef, le Tengasoba, s’exerce au profit de toutes les communautĂ©s installĂ©es sur leur sol. Les instruments-autels clĂ©s sont la hache pour la fertilitĂ© (terre, pluie, fĂ©conditĂ© humaine) et le masque sacrĂ© — le Karenga — pour la conservation de la vie, encore que les deux fonctions et les deux objets soient intimement liĂ©s. Le Karenga ne doit pas ĂŞtre confondu avec le Wango, masque purement animalier le plus souvent, qui n’a pas la mĂŞme importance religieuse. Seules possèdent le Wango les familles qui ont aussi le Karenga, ce dernier Ă©tant rĂ©servĂ© aux usages les plus Ă©levĂ©s qui sont aussi les plus rares. Les familles habilitĂ©es par la tradition Ă  garder et servir les masques dĂ©tiennent un grand pouvoir : elles bĂ©nĂ©ficiaient d’une protection spĂ©ciale de la part du Yatenga-Naba (chef suprĂŞme des Nakomse du Yatenga). Les formes et les signes des masques se retrouvent Ă  l’examen des stèles posĂ©es sur les tombes des Tengasoba. Un cimetière comme celui de Gambo garde 52 de ces stèles, ce qui rĂ©vèle une anciennetĂ© de l’ordre de 500 ans (la durĂ©e de fonction d’un Tengasoba Ă©tant courte car il s’agit d’un vieillard), d’autres cimetières ont un moins grand nombre de stèles (âge : 250-300 ans). Mme Schweeger-Hefel a dĂ©couvert dans le Lurum des polissoirs ou petites meules manuelles, enterrĂ©es, pense-t-elle, Ă  l’Ă©poque de la fuite de certains Nyonyose du Lurum I vers le Sud, c’est-Ă -dire dans la première moitiĂ© du XVIème siècle ; ces objets sont Ă©galement dans le style des masques les plus significatifs.

L’Ă©tude des Nyonyose conduit inĂ©luctablement Ă  celle des Sikomse comme nous avions pu le constater dans nos propres recherches (« Recherches sur les NioniossĂ© », /Les VoltaĂŻques, nouvelle sĂ©rie, mĂ©moire n° 4, Centre IFAN-ORSTOM, Ouagadougou, 1963). Nous avions, pour la prĂ©sentation, divisĂ© les Nyonyose en deux groupes : les Tengsobadamba et leurs parents d’une part, les Sikomse d’autre part. Cette distinction Ă©tait trop peu nuancĂ©e puisque les Sikomse ont un Tengsoba quand ils vivent dans un village d’oĂą les Nyonyose sont absents ; il se trouve simplement, comme le montre l’enquĂŞte de Mme Schweeger-Hefel, que le Tengsoba des Sikomse ne porte pas la hache, attribut essentiel de son homologue chez les Nyonyose. Bien que les Nyonyose et les Sikomse aient, d’après divers rĂ©cits mythiques, une commune origine ancestrale, il paraĂ®t dont lĂ©gitime de les distinguer. Mme Schweeger-Hefel s’est heurtĂ©e au secret dont s’entourent les Sikomse. Elle apporte nĂ©anmoins de nombreux renseignements sur la hiĂ©rarchie, les fonctions, la situation de la femme (aussi Ă©levĂ©e, sinon plus, que chez les Nyonyose), les fĂŞtes et cĂ©rĂ©monies, les rites d’inhumation et de funĂ©railles, les danses et la musique, les autels et les sacrifices (chapitre VII), sur les masques (chapitre VIII) et sur le Suku, langue secrète (chapitre IX) qui comprend notamment du KurumfĂ© (environ 16 %) et du MorĂ© artificiellement dĂ©formĂ© (environ 25 %). Avec les Sikomse, nous cĂ´toyons un peu le roman d’angoisse et cette « Afrique mystĂ©rieuse » chère Ă  la littĂ©rature coloniale d’avant 1935, qu’il n’est pas si aisĂ© de rencontrer et d’observer. Les Sikomse sont surtout nombreux dans le Sud-Ouest du Mogho. InstallĂ©s dans des enclos dispersĂ©s, d’aspect Ă©crasĂ©, aux murs bas, ressemblant un peu Ă  des forteresses, ils vivent volontiers dans des zones peu fertiles et peu accessibles. Ils sont souvent de petite taille. Les habitations ont de petites ouvertures. Leur vie marginale par rapport Ă  la sociĂ©tĂ© du Mogho est en harmonie avec leur isolement gĂ©ographique. La pauvretĂ© du sol et la mĂ©diocritĂ© des ressources sont confirmĂ©es par l’Ă©tude des migrations actuelles : prĂ©s d’un tiers des emigrants de l’Ouest sont des Sikomse (Kohler). L’entrĂ©e du sĂ©jour des morts pour le Mogho, les cavernes de Pilimpiku, se trouve dans cette rĂ©gion. Il y aurait au moins deux cavernes, l’une Ă©tant aux soins des Nyonyose, l’autre Ă  ceux des Sikomse, chaque catĂ©gorie pratiquant un culte distinct. La mort en pays Mossi est ainsi rĂ©gentĂ©e par ces deux groupes. Les masques des Sikomse sont nombreux mais peu d’exemplaires peuvent en ĂŞtre examinĂ©s. On sait peu de chose sur le masque sacrĂ© (ce serait le masque dit « jeune fille » dans certains cas). Les masques courants sont des casques animaliers ; le porteur est entièrement cachĂ© et danse aveuglĂ©ment. Il s’agit de danses de possession. Le masque est ici fait pour la danse. EnquĂŞtant au village de Pela, Mme Schweeger-Hefel n’a pas eu accès aux masques ; elle reproduit nĂ©anmoins les intĂ©ressants dessins faits sur un cahier par un jeune homme mandatĂ© Ă  cet effet par le chef. Les autels sont, bien entendu, plus secrets encore. Comparant les Nyonyose et les Sikomse, Mme Schweeger-Hefel conclut avec circonspection Ă  deux structures fondamentales semblables mais Ă  deux missions distinctes. Les chefs de terre des Nyonyose sont au service du bien public auquel contribuent le culte de la terre et des Ă©lĂ©ments atmosphĂ©riques d’une part, celui des ancĂŞtres sanctifiĂ©s d’autre part. Les Nyonyose occupent un rang supĂ©rieur Ă  celui des Sikomse. Ceux-ci sont chargĂ©s de dĂ©tourner, voire d’assumer, les forces mauvaises des esprits des morts errant sur terre et de s’assimiler aussi Ă  ces innombrables gĂ©nies de la nature (des eaux, des monts, des roches et surtout des arbres) que sont les Kinkilika ou Kinkirga. Les Sikomse sont en contact avec le dangereux monde du mouvement, du dĂ©sordre, de la sauvagerie — du monde panique en somme, interprèterons-nous. On peut constater que, dans la sociĂ©tĂ© traditionnelle, les pouvoirs de ces premiers occupants que sont les Nyonyose et les Sikomse sont des Ă©lĂ©ments d’Ă©quilibre face au pouvoir temporel lĂ©gitime (le Nam) que dĂ©tiennent les Nakomse. L’emploi de la force (Panga) est autant que possible Ă©vitĂ© de part et d’autre.

Les masques Nyonyose Ă©tudiĂ©s proviennent pour la plupart du Lurum ou du Yatenga ou s’y trouvent encore. Ils se divisent en huit groupes : 1 — Masques Ă  forme humaine abstraite (famille Oueremi, Tomi, SalĂ©, 17 pièces) ; 2 — Masques abstraits avec une partie visage non unitaire (masques simples au symbolisme riche - famille SalĂ© de HitĂ©, Sawadugu ou Tao de Aribinda et Belehede, SamporĂ© de Burgha, GamsorĂ© de Sala - 8 pièces) ; 3 — Masques Ă  stèle courte, non dĂ©membrĂ©e, Ă  la manière d’une planche (masques de certains Tengasoba sur un espace très restreint — 6 pièces) ; 4 — Longs masques-stèles (masques des Tengasoba Sawadugu sur un vaste espace entre Ouahigouya, Gourcy, Rambo et Loga — 34 pièces) ; 5 — Masques Ă  reprĂ©sentation humaine rĂ©aliste, avec ou sans stèle (leur prĂ©sence est certaine dans le Nord, probable ailleurs — 21 pièces) ; 6 — Masques Ă  ailes (le motif central va de la reprĂ©sentation rĂ©aliste de l’humain Ă  l’abstraction totale — on les trouve surtout au Sud-Est entre Kaya et Boulsa — 13 pièces) ; 7 — Masques-Ă©pĂ©es (6 pièces dont deux de la famille Tao de Yoro — cela va du masque- espadon au masques-battoir — ces masques sont liĂ©s Ă  la notion de tissage) ; 8 — Masques-coiffes Ă  tĂŞte d’antilope (au cĹ“ur du Yatenga sur une vaste superficie entre Ronga et Tambonga — 26 pièces). Les masques karenga se trouvent principalement dans les cinq première catĂ©gories. Les masques Wango sont surtout ceux de la huitième catĂ©gorie. Mme Schweeger-Hefel relate de nombreux « mythes de masque ». Elle montre comment par sa structure, par les signes qu’il porte, par sa fonction d’autel (s’agissant d’un Karenga), le masque est insĂ©parable du rĂ©cit mythique, de la danse et du chant. Le masque prĂ©sente en particulier un rythme formel, une succession de sĂ©quences longues et de sĂ©quences courtes, qui est Ă  rapprocher du rythme de la danse qui lui est rĂ©servĂ©e. Le chapitre XII est consacrĂ© Ă  l’analyse du style des masques. L’Ă©lĂ©ment fondamental rĂ©side dans une proportion bien prĂ©cise du corps humain qui se rapproche grandement des mesures naturelles, avec une progression en ce sens quand on remonte vers l’Ă©poque actuelle. La prĂ©sence des deux sexes est frĂ©quente et ancienne dans les reprĂ©sentations, souvent abstraites (nous songeons personnellement au couple Guisga-PandĂ© que nous avons plusieurs fois rencontrĂ© dans nos recherches). Il existe une corrĂ©lation entre l’abstraction (ou au contraire l’individualisation) du rĂ©cit mythique et celle du masque. L’image originaire (Urbild) du masque est la plus abstraite : elle correspond au mythe d’origine (Urmythe) , au lieu oĂą il est relatĂ©. Grâce en particulier aux travaux de Michel Izard, de Wilhelm Staude et de Annemarie Schweeger-Hefel, nous approchons d’une exacte connaissance de la culture des populations du Nord-Mossi et du Lurum. L’enquĂŞte de Mme Schweeger-Hefel apporte aussi de prĂ©cieux renseignements sur le Sud-Ouest mais il est Ă©vident que l’Ă©tat des informations sur les Sikomse et les" hommes de l’arc" (les Tieparse) est encore fragmentaire. Un travail comparable Ă  celui qu’a rĂ©alisĂ© Mme Schweeger-Hefel serait du plus haut intĂ©rĂŞt pour le Sud, depuis Kaya jusqu’aux frontières ghanĂ©enne, bĂ©ninoise et togolaise. Les Nyonyose paraissent y former des sortes de fĂ©dĂ©rations hiĂ©rarchisĂ©es qui ont des relations d’alliance avec les hiĂ©rarchies familiales des Nakomse. L’institution du Wemba, intercesseur auprès des chefs, ne leur est peut-ĂŞtre pas Ă©trangère. Mme Schweeger-Hefel ne semble pas avoir rencontrĂ© au cours de ses investigations la couche, Ă©galement ancienne, des Ninisi. Le fait est curieux pour l’Ouest. Le phĂ©nomène Niniga mĂ©riterait une enquĂŞte sĂ©rieuse auprès du Ouagadougou Naba, du Souma Naba (rĂ©gion de Yako), dans les familles Llboudo et dans de nombreux villages (Recherches prĂ©citĂ©es, p. 4243). Les chefs de guerre du Sud (les Tansoba) devraient retenir l’attention Ă  ce point de vue. On retrouverait sans doute, Ă  la faveur d’une telle investigation, les forgerons dont Mme Schweeger-Hefel a commencĂ© l’Ă©tude (« Masques et forgerons », p. 176). La chasse et les chasseurs sont prĂ©sents dans les rĂ©cits d’origine ; leur Ă©tude, qui conduirait Ă  celle de l’autel Sing apparaĂ®t ĂŞtre le complĂ©ment nĂ©cessaire de celle des Tengbisi. Si on retient le schĂ©ma historico-social fourni par la tradition orale qui fait des Mossi proprement dit (Nakomsc et Taise) un peuple mobile de cavaliers guerriers fixĂ© auprès de populations autochtones, peut-on admettre que ce peuple n’aurait pas eu de masques ? Nous en doutons. Le problème des Mo-Wamdo (Masques des Mose) est Ă  examiner sĂ©rieusement dans le royaume de Ouagadougou. Il devrait ĂŞtre indicatif de la valeur du schĂ©ma traditionnel. La complexitĂ© de l’ensemble « Mossi » est-elle un cas isolĂ© dans cette rĂ©gion d’Afrique ? Il ne le semble pas (exemple : le pays Mawri au Niger), encore qu’elle soit ici extrĂŞme.

Robert PAGEARD.

 
 

 

SCHWEEGER-HEFEL A.

MASKEN UND MYTHEN

Sozialstrukturen des Nyonyosi und Sikomse in Obervolta

Wien 1980
Relié
Prix:  69,00 €
 

Ce superbe ouvrage "Masken und Mythen" qui a pour thème les masques et les mythes Ă  travers les structures sociales des Nyonyose et des Sikomse de Haute-Volta rĂ©uni 2 volumes sous emboitage pvc regroupant :
-  Un livre contenant le texte, agrĂ©mentĂ© de nombreux croquis et suivi d’un hors texte de 170 photos de terrain en noir et blanc.
-  Un portfolio de 136 croquis de masques.

DĂ©diĂ© au regrettĂ© Wilhelm Staude, cet ouvrage constitue une contribution exceptionnelle Ă  la connaissance des populations du Mogho (pays Mossi, Haute-Volta) d’une part, Ă  celle des masques africains d’autre part et dont le contenu traite successivement : les masques et leurs formes - la topographie du masque - les groupes de masques - l’analyse de la forme - les masques de famille - les tombes des Nyonyosi - les Nyonyosi et les Sikomse - le grade et fonction - le statut des femmes - les fĂŞtes et les cĂ©rĂ©monies - les danses et la musique - les autels et animaux sacrificiels - les masques des Sikomse - le masque dans le mythe - le masque dans la tradition orale - les Suku - le vocabulaire - le vocabulaire comparatif - les textes- les peintures du masque Nyonyosi - Les caractères de masque - les signes sur les diffĂ©rents masques - le "contenu" des signes - le caractère naturel : l’image de l’idĂ©e - les signes synonymes et homonymes - les combinaisons de signes - le lien avec les mythes - la comparaison avec les signes des Dogon et des Bambara - le style - les Ă©lĂ©ments de forme - les Ă©lĂ©ments structurels - les modifications formelles crĂ©atives - l’analyse de la forme : un moyen de trouver un plan structurel - l’analyse structurale des masques antilope - le modèle - le changement de style - la comparaison des masques et des vieilles sculptures de pierre.

 
 

Réf. Tribal-youBooks  : [20/599]
Auteur(s)
:

Titre  :

MASKEN UND MYTHEN

Sozialstrukturen des Nyonyosi und Sikomse in Obervolta

Type d'ouvrage 
:Ouvrage généraliste ou thématique
Editeur  : Verlag A. Schendl, Wien,  1980
Relié avec reliure d'éditeur Très bon Ă©tat , 2 vol. , 18.5 x 25.5 cm
ISBN 3-85 268-070-0
Contenu
: Contenu : biblio.
Vol. I : 480 p., 2 cartes, 54 tabl., 15 sch., 92 dess. n/b., + 68 p. dont 67 pl. n/b. avec 170 ill. n/b., — Vol.II : portfolio avec 136 pl. dess. n/b.,
Informations
 complémentaires
: Texte en allemand.
Poids 
: Poids : 2120 g
Etat de l'ouvrage 
: Très bon état
Prix 
: 69,00 €
 

Ce superbe ouvrage "Masken und Mythen" qui a pour thème les masques et les mythes Ă  travers les structures sociales des Nyonyose et des Sikomse de Haute-Volta rĂ©uni 2 volumes sous emboitage pvc regroupant :
-  Un livre contenant le texte, agrĂ©mentĂ© de nombreux croquis et suivi d’un hors texte de 170 photos de terrain en noir et blanc.
-  Un portfolio de 136 croquis de masques.

DĂ©diĂ© au regrettĂ© Wilhelm Staude, cet ouvrage constitue une contribution exceptionnelle Ă  la connaissance des populations du Mogho (pays Mossi, Haute-Volta) d’une part, Ă  celle des masques africains d’autre part et dont le contenu traite successivement : les masques et leurs formes - la topographie du masque - les groupes de masques - l’analyse de la forme - les masques de famille - les tombes des Nyonyosi - les Nyonyosi et les Sikomse - le grade et fonction - le statut des femmes - les fĂŞtes et les cĂ©rĂ©monies - les danses et la musique - les autels et animaux sacrificiels - les masques des Sikomse - le masque dans le mythe - le masque dans la tradition orale - les Suku - le vocabulaire - le vocabulaire comparatif - les textes- les peintures du masque Nyonyosi - Les caractères de masque - les signes sur les diffĂ©rents masques - le "contenu" des signes - le caractère naturel : l’image de l’idĂ©e - les signes synonymes et homonymes - les combinaisons de signes - le lien avec les mythes - la comparaison avec les signes des Dogon et des Bambara - le style - les Ă©lĂ©ments de forme - les Ă©lĂ©ments structurels - les modifications formelles crĂ©atives - l’analyse de la forme : un moyen de trouver un plan structurel - l’analyse structurale des masques antilope - le modèle - le changement de style - la comparaison des masques et des vieilles sculptures de pierre.

 
 

 

SIDIBE S. / CALAME-GRIAULE G. / NDIAYE F.

NAAMION TAKANA

Au delà des masques. Afrikkalaisen Dogon-Heimon Elämänmuoto

cat.expo, Tampere (Finlande) : 21.10 - 21.12.1989
Tampere (Finlande) 1989
Broché
80 p. , 63 photos coul. , 3 plans, 3 cartes
Prix:  35,00 €

Réf. Tribal-youBooks  : [20/430]
Auteur(s)
:

Titre  :

NAAMION TAKANA

Au delà des masques. Afrikkalaisen Dogon-Heimon Elämänmuoto

Type d'ouvrage 
:Catalogue d'exposition
Tampere (Finlande) : 21.10 - 21.12.1989
Editeur  : PYYNIKINLINNA, Tampere (Finlande),  1989
Broché , , 22.5 x 25 cm
ISBN 951-96028-2-8
Contenu
: Contenu : 80 p., 63 photos coul., 3 plans, 3 cartes
4 figures, résumés
Informations
 complémentaires
: Texte bilingue : finlandais et français. Ouvrage Ă©puisĂ©.
Poids 
: Poids : 510 g
Etat de l'ouvrage 
: Très bon état comme neuf
Prix 
: 35,00 €

 

0 | 5 | 10 | 15 | 20 | 25