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Mali
 
 

LEM F.-H.

SUDANESE SCULPTURE

PARIS 1949, édition originale, parution limitée
Broché
111 p. , 64 photos n/b , 1 cartes
Prix:  100,00 €

Réf. Tribal-youBooks  : [20/41]
Auteur(s)
:

Titre  :

SUDANESE SCULPTURE

Type d'ouvrage 
:Ouvrage généraliste ou thématique
Editeur  : ARTS ET METIERS GRAPHIQUES, PARIS,  1949
Broché , , in-4, 27 / 21.5
Contenu
: Contenu : 111 p., 64 photos n/b, 1 cartes, biblio.
Informations
 complémentaires
: édition originale, parution limitée
Texte en anglais Jaquette illustrée. 64 Planches illustrées en héliogravure n/b
Poids 
: Poids : 1000 g
Etat de l'ouvrage 
: Moyen. 1er plat (couverture) d√©solidaris√©. Dernier plat (couverture) insol√© partiellement avec taches d’aur√©ole. Taches d’aur√©ole au dos.
Prix 
: 100,00 €

 

ODEYE-FINZI M. / BEROT-INARD T.

MINIATURES DOGON

Un art évincé

Paris 2010, parution limitée
Broché
70 p. , 41 ill. coul.
Prix:  40,00 €
 

La miniaturisation d’objets du quotidien, leur donne une mission complexe alliant le sacr√©, le th√©rapeutique et le religieux. Non reconnus par les canons classiques de l’art, ces objets oubli√©s, sont √©vinc√©s. Les auteurs proposent une √©vocation po√©tique entre anthropologie et art.

 
 

Réf. Tribal-youBooks  : [20/842]
Auteur(s)
:

Titre  :

MINIATURES DOGON

Un art évincé

Type d'ouvrage 
:Ouvrage généraliste ou thématique
Editeur  : l’anthropo, Paris,  2010
Broché , , 22 x 22 cm
ISBN 99933-47-39-2
Contenu
: Contenu : 70 p., 41 ill. coul.
Informations
 complémentaires
: parution limitée
Poids 
: Poids : 510 g
Etat de l'ouvrage 
: Très bon état
Prix 
: 40,00 €
 

La miniaturisation d’objets du quotidien, leur donne une mission complexe alliant le sacr√©, le th√©rapeutique et le religieux. Non reconnus par les canons classiques de l’art, ces objets oubli√©s, sont √©vinc√©s. Les auteurs proposent une √©vocation po√©tique entre anthropologie et art.

 
 

 

SCHMIDT J-K. / HEYMER K. / LELOUP H.

DOGON - MEISTERWERKE DER SKULPTUR / CHEFS-D’OEUVRE DE LA STATUAIRE DOGON

cat.expo, Galerie der Stadt, Stuttgart : 26/4 - 2/8/1998
Stuttgart 1998
Broché
136 p., 6 ill. n/b , 25 ill. coul. , 1 photos n/b , 3 photos coul. , 13 pl. coul. , 2 cartes
Prix:  37,00 €
 

C’est sur les pentes raides des falaises de Bandiagara, entre le Haut-Plateau et la Savane du Mali en Afrique Occidentale, que r√©side le peuple des Dogon. Il se compose de plusieurs clans que r√©unit un mythe fondateur commun. L’histoire de cette communaut√© qui vit toujours encore aujourd’hui au coeur de ses traditions religieuses, artistiques et sociales est longue de plus de 900 ans. Mais cette culture autonome est menac√©e de dispara√ģtre dans les ann√©es √† venir qui verront s’amplifier les probl√®mes climatiques, l’exode rural, les pressions de la civilisation avec les ruptures culturelles que comporte forc√©ment l’islamisation croissante. Tandis que la science ethnologique tente de fixer et conserver tout ce qui peut encore l’√™tre, cette exposition entend donner au public de l’art la possibilit√© de d√©couvrir les chefs-d’oeuvre d’une culture qui a √©t√© class√©e en 1989 par l’UNESCO patrimoine culturel mondial. Les chefs-d’oeuvre de la statuaire Dogon : les statues Djennenk√© - les statues Nongom et les statues Tellem sont des √©l√©ments fondamentaux d’une religion animiste dans laquelle les forces de la r√©alit√© naturelle se pr√©sentaient selon des apparences humaines. Comme il n’y a plus de pr√™tre animiste, la tradition de l’essence de cette religion s’est perdue. C’est pourquoi ces sculptures, qui garderont √† jamais le secret de leur sens, sont, √† c√īt√© de l’architecture des villages, les seuls t√©moins d’une civilisation jadis hautement √©volu√©e. Elles se distinguent des f√©tiches tot√©miques qu’on conna√ģt dans l’ethnologie africaine par leur ind√©niable autonomie et une volont√© de stylisation qui est bien celle d’artistes √† l’oeuvre. En grande partie et pour l’essentiel le catalogue de cette exposition est consacr√© aux oeuvres en bois des Dogon et des Tellem, le peuple qui les a pr√©c√©d√©s. Ce sont des oeuvres qui comptent parmi les plus importantes de la production artistique africaine, et qui entrent ainsi dans une histoire universelle de l’art.

 
 

Réf. Tribal-youBooks  : [20/724]
Auteur(s)
:

Titre  :

DOGON - MEISTERWERKE DER SKULPTUR / CHEFS-D’OEUVRE DE LA STATUAIRE DOGON

Type d'ouvrage 
:Catalogue d'exposition
Galerie der Stadt, Stuttgart : 26/4 - 2/8/1998
Editeur  : Galerie der Stadt, Stuttgart,  1998
Broché , , in-4, 22.5 x 31.5 cm
Contenu
: Contenu : 136 p., 6 ill. n/b, 25 ill. coul., 1 photos n/b, 3 photos coul., 13 pl.coul., 2 cartes
Informations
 complémentaires
: Texte bilingue en allemand et français. Catalogue épuisé.
Poids 
: Poids : 1010 g
Etat de l'ouvrage 
: Très bon état
Prix 
: 37,00 €
 

C’est sur les pentes raides des falaises de Bandiagara, entre le Haut-Plateau et la Savane du Mali en Afrique Occidentale, que r√©side le peuple des Dogon. Il se compose de plusieurs clans que r√©unit un mythe fondateur commun. L’histoire de cette communaut√© qui vit toujours encore aujourd’hui au coeur de ses traditions religieuses, artistiques et sociales est longue de plus de 900 ans. Mais cette culture autonome est menac√©e de dispara√ģtre dans les ann√©es √† venir qui verront s’amplifier les probl√®mes climatiques, l’exode rural, les pressions de la civilisation avec les ruptures culturelles que comporte forc√©ment l’islamisation croissante. Tandis que la science ethnologique tente de fixer et conserver tout ce qui peut encore l’√™tre, cette exposition entend donner au public de l’art la possibilit√© de d√©couvrir les chefs-d’oeuvre d’une culture qui a √©t√© class√©e en 1989 par l’UNESCO patrimoine culturel mondial. Les chefs-d’oeuvre de la statuaire Dogon : les statues Djennenk√© - les statues Nongom et les statues Tellem sont des √©l√©ments fondamentaux d’une religion animiste dans laquelle les forces de la r√©alit√© naturelle se pr√©sentaient selon des apparences humaines. Comme il n’y a plus de pr√™tre animiste, la tradition de l’essence de cette religion s’est perdue. C’est pourquoi ces sculptures, qui garderont √† jamais le secret de leur sens, sont, √† c√īt√© de l’architecture des villages, les seuls t√©moins d’une civilisation jadis hautement √©volu√©e. Elles se distinguent des f√©tiches tot√©miques qu’on conna√ģt dans l’ethnologie africaine par leur ind√©niable autonomie et une volont√© de stylisation qui est bien celle d’artistes √† l’oeuvre. En grande partie et pour l’essentiel le catalogue de cette exposition est consacr√© aux oeuvres en bois des Dogon et des Tellem, le peuple qui les a pr√©c√©d√©s. Ce sont des oeuvres qui comptent parmi les plus importantes de la production artistique africaine, et qui entrent ainsi dans une histoire universelle de l’art.

 
 

 

SCHWEEGER-HEFEL A.

MASKEN UND MYTHEN

Sozialstrukturen des Nyonyosi und Sikomse in Obervolta

Wien 1980
Relié
Prix:  75,00 €
 

Ce superbe ouvrage "Masken und Mythen" qui a pour th√®me les masques et les mythes √† travers les structures sociales des Nyonyose et des Sikomse de Haute-Volta r√©uni 2 volumes sous emboitage pvc regroupant : - Un livre contenant le texte, agr√©ment√© de nombreux croquis et suivi d’un hors texte de 170 photos de terrain en noir et blanc. & - Un portfolio de 136 croquis de masques.

D√©di√© au regrett√© Wilhelm Staude, cet ouvrage constitue une contribution exceptionnelle √† la connaissance des populations du Mogho (pays Mossi, Haute-Volta) d’une part, √† celle des masques africains d’autre part et dont le contenu traite successivement : les masques et leurs formes - la topographie du masque - les groupes de masques - l’analyse de la forme - les masques de famille - les tombes des Nyonyosi - les Nyonyosi et les Sikomse - le grade et fonction - le statut des femmes - les f√™tes et les c√©r√©monies - les danses et la musique - les autels et animaux sacrificiels - les masques des Sikomse - le masque dans le mythe - le masque dans la tradition orale - les Suku - le vocabulaire - le vocabulaire comparatif - les textes- les peintures du masque Nyonyosi - Les caract√®res de masque - les signes sur les diff√©rents masques - le "contenu" des signes - le caract√®re naturel : l’image de l’id√©e - les signes synonymes et homonymes - les combinaisons de signes - le lien avec les mythes - la comparaison avec les signes des Dogon et des Bambara - le style - les √©l√©ments de forme - les √©l√©ments structurels - les modifications formelles cr√©atives - l’analyse de la forme : un moyen de trouver un plan structurel - l’analyse structurale des masques antilope - le mod√®le - le changement de style - la comparaison des masques et des vieilles sculptures de pierre.


===== COMPTE RENDU COMPLET PUBLIE PAR LA REVUE "PERSEE" =====

... /... Les probl√®mes relatifs √† la formation et √† l’√©quilibre ethnique des royaumes Mossi ne sont pas encore √©lucid√©s. Il semble qu’il faille r√©server le terme de Mossi (Mose) pour d√©signer une couche conqu√©rante qui s’est install√©e progressivement dans cette aire √† partir de la fin du XV√®me si√®cle ; elle comprend une aristocratie hi√©rarchis√©e, les Nakomse, et le peuple commun, les Taise. Les Nakomse d√©tiennent l’autorit√© politique dans les royaumes Mossi (Ouagadougou au Centre, le Yatenga au Nord et Ten Kodogo au Sud) ; ce sont eux surtout qu’a connus l’administration europ√©enne, l’image courante qui est donn√©e du pays est encore largement tributaire des informations, n√©cessairement subjectives, qu’ils ont fournies. Les Mossi proprement dits d√©signent par le terme d’« enfants de la terre » (Tengbisi) les descendants des populations qu’ils ont soumises, premi√®res occupantes. Le terme Nyonyose (singulier : Nyonyoga) est employ√© par Mme Schweeger-Hefel, comme √©quivalent de Tengbisi, ce qui correspond √† quelques nuances pr√®s √† l’usage des Mossi eux-m√™mes. Certains de ces Tengbisi, que l’on caract√©rise plus loin, sont d√©sign√©s par le terme Sikomse (singulier : Sikoaga) ; leur terre d’√©lection se situe √† l’Ouest d’une ligne Ouagadougou-Gourcy, mais on en rencontre ailleurs. Deux autres notions ethniques viennent compliquer ce tableau. Dans certaines r√©gions, il semble que des Ninisi (singulier : Niniga),qui repr√©senteraient les vestiges d’un vieux fond de population Mandingue faisant le pont entre les Samo au Nord et les Bisa au Sud, soient pr√©sents et jouent un r√īle dans les relations entre les Nyonyose et les Mossi proprement dits. Enfin, des traces d’une ancienne occupation par les Dogon (d√©nomm√©s ici kibisi) sont signal√©es sur une bonne partie du Mogho. Malgr√© l’emploi aujourd’hui g√©n√©ral du Mor√©, qui serait la langue des ma√ģtres politiques, le probl√®me des contacts et des survivances linguistiques restent √† revoir depuis le pays Dagomba (Nord Ghana) jusqu’au Lurum (Mengao, au Nord du pays Mossi) et au pays Dogon. L’enqu√™te de Mme Schweeger-Hefel a √©t√© limit√©e √† la vieille couche (« Altschicht ») d√©sign√©e sous le nom de Nyonyose et √† la fraction d√©sign√©e sous le nom de Sikomse. Commenc√©e sur le terrain en 1965 et se poursuivant encore, cette recherche apporte de nombreuses et nouvelles donn√©es sur les deux cat√©gories de population dont il s’agit. L’enqu√™te sur les Nyonyose est tr√®s riche en ce qui concerne le Lurum, le Yatenga et la r√©gion limitrophe situ√©e au Sud du Yatenga. La moiti√© du livre (six chapitres sur douze) est consacr√©e √† l’√©tude des masques, qui sont l’apanage de certaines familles Nyonyose. Le chapitre V apporte en outre de nombreux renseignements sur l’origine des Nyonyose, la hi√©rarchie de leurs dignitaires, leur langue « secr√®te » (plut√īt symbolique, mis √† part l’emploi du Kurumf√©, langue parl√©e au Lurum, dans certains cas), la situation de la femme dans cette soci√©t√© (situation importante et respect√©e mais existe le probl√®me des « mangeuses d’√Ęmes »), les f√™tes, les rites et les tombes. L’enqu√™te r√©v√®le que les Nyonyose du Nord ont pour chef supr√™me le Sad-Naba de Giou, village situ√© au Sud de B√©ma. Dominique Zahan avait d√©j√† fait conna√ģtre ce fait qui est ici explicit√©. Le Giou Sad-Naba est un Sawadugu, descendant des fondateurs du premier royaume de Lurum. On compte 21 g√©n√©rations entre l’arriv√©e du Sad-Naba √† Giou et notre √©poque. L’enqu√™trice pr√©cise que cette indication correspond √† celles qui ont √©t√© recueillies sur l’installation du premier A-Yo (Konf√©) et du premier Tengasoba √† Lurum. La conclusion de la paix entre les Konf√© et les Nyonyose, source de l’√©quilibre social du Lurum II, se situerait en cons√©quence aux alentours de 1530-1540. Le Sad-Naba aurait perdu son autorit√© politique mais int√©gralement conserv√© son autorit√© religieuse. Il est en particulier le gardien et le servant des √Ęmes des plantes. Le calendrier et les choix agricoles sont sous la d√©pendance de ses autels. Le Sad-Naba aurait en outre le r√īle d’une sorte de tribunal inter-fonctionnel pour le Yatenga. Mme Schweeger-Hefel √©crit : « Le Sad-Naba constitue aussi l’instance supr√™me juridique lors d’une dispute entre un Tengsoba et un chef ». Le ma√ģtre de la terre (Tengasoba), qui est en m√™me temps le servant de la terre, occupe partout une position √©minente. Son pouvoir s’√©tend dans certains cas sur une vaste r√©gion. Tous les Tengasoba ne disposent pas d’une force spirituelle √©gale. Cette force se manifeste en particulier par le contr√īle des ph√©nom√®nes atmosph√©riques. L’action protectrice des Nyonyose et de leur chef, le Tengasoba, s’exerce au profit de toutes les communaut√©s install√©es sur leur sol. Les instruments-autels cl√©s sont la hache pour la fertilit√© (terre, pluie, f√©condit√© humaine) et le masque sacr√© ‚ÄĒ le Karenga ‚ÄĒ pour la conservation de la vie, encore que les deux fonctions et les deux objets soient intimement li√©s. Le Karenga ne doit pas √™tre confondu avec le Wango, masque purement animalier le plus souvent, qui n’a pas la m√™me importance religieuse. Seules poss√®dent le Wango les familles qui ont aussi le Karenga, ce dernier √©tant r√©serv√© aux usages les plus √©lev√©s qui sont aussi les plus rares. Les familles habilit√©es par la tradition √† garder et servir les masques d√©tiennent un grand pouvoir : elles b√©n√©ficiaient d’une protection sp√©ciale de la part du Yatenga-Naba (chef supr√™me des Nakomse du Yatenga). Les formes et les signes des masques se retrouvent √† l’examen des st√®les pos√©es sur les tombes des Tengasoba. Un cimeti√®re comme celui de Gambo garde 52 de ces st√®les, ce qui r√©v√®le une anciennet√© de l’ordre de 500 ans (la dur√©e de fonction d’un Tengasoba √©tant courte car il s’agit d’un vieillard), d’autres cimeti√®res ont un moins grand nombre de st√®les (√Ęge : 250-300 ans). Mme Schweeger-Hefel a d√©couvert dans le Lurum des polissoirs ou petites meules manuelles, enterr√©es, pense-t-elle, √† l’√©poque de la fuite de certains Nyonyose du Lurum I vers le Sud, c’est-√†-dire dans la premi√®re moiti√© du XVI√®me si√®cle ; ces objets sont √©galement dans le style des masques les plus significatifs.

L’√©tude des Nyonyose conduit in√©luctablement √† celle des Sikomse comme nous avions pu le constater dans nos propres recherches (« Recherches sur les Nionioss√© », /Les Volta√Įques, nouvelle s√©rie, m√©moire n° 4, Centre IFAN-ORSTOM, Ouagadougou, 1963). Nous avions, pour la pr√©sentation, divis√© les Nyonyose en deux groupes : les Tengsobadamba et leurs parents d’une part, les Sikomse d’autre part. Cette distinction √©tait trop peu nuanc√©e puisque les Sikomse ont un Tengsoba quand ils vivent dans un village d’o√Ļ les Nyonyose sont absents ; il se trouve simplement, comme le montre l’enqu√™te de Mme Schweeger-Hefel, que le Tengsoba des Sikomse ne porte pas la hache, attribut essentiel de son homologue chez les Nyonyose. Bien que les Nyonyose et les Sikomse aient, d’apr√®s divers r√©cits mythiques, une commune origine ancestrale, il para√ģt dont l√©gitime de les distinguer. Mme Schweeger-Hefel s’est heurt√©e au secret dont s’entourent les Sikomse. Elle apporte n√©anmoins de nombreux renseignements sur la hi√©rarchie, les fonctions, la situation de la femme (aussi √©lev√©e, sinon plus, que chez les Nyonyose), les f√™tes et c√©r√©monies, les rites d’inhumation et de fun√©railles, les danses et la musique, les autels et les sacrifices (chapitre VII), sur les masques (chapitre VIII) et sur le Suku, langue secr√®te (chapitre IX) qui comprend notamment du Kurumf√© (environ 16 %) et du Mor√© artificiellement d√©form√© (environ 25 %). Avec les Sikomse, nous c√ītoyons un peu le roman d’angoisse et cette « Afrique myst√©rieuse » ch√®re √† la litt√©rature coloniale d’avant 1935, qu’il n’est pas si ais√© de rencontrer et d’observer. Les Sikomse sont surtout nombreux dans le Sud-Ouest du Mogho. Install√©s dans des enclos dispers√©s, d’aspect √©cras√©, aux murs bas, ressemblant un peu √† des forteresses, ils vivent volontiers dans des zones peu fertiles et peu accessibles. Ils sont souvent de petite taille. Les habitations ont de petites ouvertures. Leur vie marginale par rapport √† la soci√©t√© du Mogho est en harmonie avec leur isolement g√©ographique. La pauvret√© du sol et la m√©diocrit√© des ressources sont confirm√©es par l’√©tude des migrations actuelles : pr√©s d’un tiers des emigrants de l’Ouest sont des Sikomse (Kohler). L’entr√©e du s√©jour des morts pour le Mogho, les cavernes de Pilimpiku, se trouve dans cette r√©gion. Il y aurait au moins deux cavernes, l’une √©tant aux soins des Nyonyose, l’autre √† ceux des Sikomse, chaque cat√©gorie pratiquant un culte distinct. La mort en pays Mossi est ainsi r√©gent√©e par ces deux groupes. Les masques des Sikomse sont nombreux mais peu d’exemplaires peuvent en √™tre examin√©s. On sait peu de chose sur le masque sacr√© (ce serait le masque dit « jeune fille » dans certains cas). Les masques courants sont des casques animaliers ; le porteur est enti√®rement cach√© et danse aveugl√©ment. Il s’agit de danses de possession. Le masque est ici fait pour la danse. Enqu√™tant au village de Pela, Mme Schweeger-Hefel n’a pas eu acc√®s aux masques ; elle reproduit n√©anmoins les int√©ressants dessins faits sur un cahier par un jeune homme mandat√© √† cet effet par le chef. Les autels sont, bien entendu, plus secrets encore. Comparant les Nyonyose et les Sikomse, Mme Schweeger-Hefel conclut avec circonspection √† deux structures fondamentales semblables mais √† deux missions distinctes. Les chefs de terre des Nyonyose sont au service du bien public auquel contribuent le culte de la terre et des √©l√©ments atmosph√©riques d’une part, celui des anc√™tres sanctifi√©s d’autre part. Les Nyonyose occupent un rang sup√©rieur √† celui des Sikomse. Ceux-ci sont charg√©s de d√©tourner, voire d’assumer, les forces mauvaises des esprits des morts errant sur terre et de s’assimiler aussi √† ces innombrables g√©nies de la nature (des eaux, des monts, des roches et surtout des arbres) que sont les Kinkilika ou Kinkirga. Les Sikomse sont en contact avec le dangereux monde du mouvement, du d√©sordre, de la sauvagerie ‚ÄĒ du monde panique en somme, interpr√®terons-nous. On peut constater que, dans la soci√©t√© traditionnelle, les pouvoirs de ces premiers occupants que sont les Nyonyose et les Sikomse sont des √©l√©ments d’√©quilibre face au pouvoir temporel l√©gitime (le Nam) que d√©tiennent les Nakomse. L’emploi de la force (Panga) est autant que possible √©vit√© de part et d’autre.

Les masques Nyonyose √©tudi√©s proviennent pour la plupart du Lurum ou du Yatenga ou s’y trouvent encore. Ils se divisent en huit groupes : 1 ‚ÄĒ Masques √† forme humaine abstraite (famille Oueremi, Tomi, Sal√©, 17 pi√®ces) ; 2 ‚ÄĒ Masques abstraits avec une partie visage non unitaire (masques simples au symbolisme riche - famille Sal√© de Hit√©, Sawadugu ou Tao de Aribinda et Belehede, Sampor√© de Burgha, Gamsor√© de Sala - 8 pi√®ces) ; 3 ‚ÄĒ Masques √† st√®le courte, non d√©membr√©e, √† la mani√®re d’une planche (masques de certains Tengasoba sur un espace tr√®s restreint ‚ÄĒ 6 pi√®ces) ; 4 ‚ÄĒ Longs masques-st√®les (masques des Tengasoba Sawadugu sur un vaste espace entre Ouahigouya, Gourcy, Rambo et Loga ‚ÄĒ 34 pi√®ces) ; 5 ‚ÄĒ Masques √† repr√©sentation humaine r√©aliste, avec ou sans st√®le (leur pr√©sence est certaine dans le Nord, probable ailleurs ‚ÄĒ 21 pi√®ces) ; 6 ‚ÄĒ Masques √† ailes (le motif central va de la repr√©sentation r√©aliste de l’humain √† l’abstraction totale ‚ÄĒ on les trouve surtout au Sud-Est entre Kaya et Boulsa ‚ÄĒ 13 pi√®ces) ; 7 ‚ÄĒ Masques-√©p√©es (6 pi√®ces dont deux de la famille Tao de Yoro ‚ÄĒ cela va du masque- espadon au masques-battoir ‚ÄĒ ces masques sont li√©s √† la notion de tissage) ; 8 ‚ÄĒ Masques-coiffes √† t√™te d’antilope (au cŇďur du Yatenga sur une vaste superficie entre Ronga et Tambonga ‚ÄĒ 26 pi√®ces). Les masques karenga se trouvent principalement dans les cinq premi√®re cat√©gories. Les masques Wango sont surtout ceux de la huiti√®me cat√©gorie. Mme Schweeger-Hefel relate de nombreux « mythes de masque ». Elle montre comment par sa structure, par les signes qu’il porte, par sa fonction d’autel (s’agissant d’un Karenga), le masque est ins√©parable du r√©cit mythique, de la danse et du chant. Le masque pr√©sente en particulier un rythme formel, une succession de s√©quences longues et de s√©quences courtes, qui est √† rapprocher du rythme de la danse qui lui est r√©serv√©e. Le chapitre XII est consacr√© √† l’analyse du style des masques. L’√©l√©ment fondamental r√©side dans une proportion bien pr√©cise du corps humain qui se rapproche grandement des mesures naturelles, avec une progression en ce sens quand on remonte vers l’√©poque actuelle. La pr√©sence des deux sexes est fr√©quente et ancienne dans les repr√©sentations, souvent abstraites (nous songeons personnellement au couple Guisga-Pand√© que nous avons plusieurs fois rencontr√© dans nos recherches). Il existe une corr√©lation entre l’abstraction (ou au contraire l’individualisation) du r√©cit mythique et celle du masque. L’image originaire (Urbild) du masque est la plus abstraite : elle correspond au mythe d’origine (Urmythe) , au lieu o√Ļ il est relat√©. Gr√Ęce en particulier aux travaux de Michel Izard, de Wilhelm Staude et de Annemarie Schweeger-Hefel, nous approchons d’une exacte connaissance de la culture des populations du Nord-Mossi et du Lurum. L’enqu√™te de Mme Schweeger-Hefel apporte aussi de pr√©cieux renseignements sur le Sud-Ouest mais il est √©vident que l’√©tat des informations sur les Sikomse et les" hommes de l’arc" (les Tieparse) est encore fragmentaire. Un travail comparable √† celui qu’a r√©alis√© Mme Schweeger-Hefel serait du plus haut int√©r√™t pour le Sud, depuis Kaya jusqu’aux fronti√®res ghan√©enne, b√©ninoise et togolaise. Les Nyonyose paraissent y former des sortes de f√©d√©rations hi√©rarchis√©es qui ont des relations d’alliance avec les hi√©rarchies familiales des Nakomse. L’institution du Wemba, intercesseur aupr√®s des chefs, ne leur est peut-√™tre pas √©trang√®re. Mme Schweeger-Hefel ne semble pas avoir rencontr√© au cours de ses investigations la couche, √©galement ancienne, des Ninisi. Le fait est curieux pour l’Ouest. Le ph√©nom√®ne Niniga m√©riterait une enqu√™te s√©rieuse aupr√®s du Ouagadougou Naba, du Souma Naba (r√©gion de Yako), dans les familles Llboudo et dans de nombreux villages (Recherches pr√©cit√©es, p. 4243). Les chefs de guerre du Sud (les Tansoba) devraient retenir l’attention √† ce point de vue. On retrouverait sans doute, √† la faveur d’une telle investigation, les forgerons dont Mme Schweeger-Hefel a commenc√© l’√©tude (« Masques et forgerons », p. 176). La chasse et les chasseurs sont pr√©sents dans les r√©cits d’origine ; leur √©tude, qui conduirait √† celle de l’autel Sing appara√ģt √™tre le compl√©ment n√©cessaire de celle des Tengbisi. Si on retient le sch√©ma historico-social fourni par la tradition orale qui fait des Mossi proprement dit (Nakomsc et Taise) un peuple mobile de cavaliers guerriers fix√© aupr√®s de populations autochtones, peut-on admettre que ce peuple n’aurait pas eu de masques ? Nous en doutons. Le probl√®me des Mo-Wamdo (Masques des Mose) est √† examiner s√©rieusement dans le royaume de Ouagadougou. Il devrait √™tre indicatif de la valeur du sch√©ma traditionnel. La complexit√© de l’ensemble « Mossi » est-elle un cas isol√© dans cette r√©gion d’Afrique ? Il ne le semble pas (exemple : le pays Mawri au Niger), encore qu’elle soit ici extr√™me.

Robert PAGEARD.

 
 

Réf. Tribal-youBooks  : [20/463]
Auteur(s)
:

Titre  :

MASKEN UND MYTHEN

Sozialstrukturen des Nyonyosi und Sikomse in Obervolta

Type d'ouvrage 
:Ouvrage généraliste ou thématique
Editeur  : Verlag A. Schendl, Wien,  1980
Relié avec reliure d'éditeur Tr√®s bon √©tat , 2 vol. , 18.5 x 25.5 cm
ISBN 3-85 268-070-0
Contenu
: Contenu : biblio.
Vol. I : 480 p., 2 cartes, 54 tabl., 15 sch., 92 dess. n/b., + 68 p. dont 67 pl. n/b. avec 170 ill. n/b., — Vol.II : portfolio avec 136 pl. dess. n/b.,
Informations
 complémentaires
: Texte en allemand.
Poids 
: Poids : 2140 g
Etat de l'ouvrage 
: Très bon état
Prix 
: 75,00 €
 

Ce superbe ouvrage "Masken und Mythen" qui a pour th√®me les masques et les mythes √† travers les structures sociales des Nyonyose et des Sikomse de Haute-Volta r√©uni 2 volumes sous emboitage pvc regroupant : - Un livre contenant le texte, agr√©ment√© de nombreux croquis et suivi d’un hors texte de 170 photos de terrain en noir et blanc. & - Un portfolio de 136 croquis de masques.

D√©di√© au regrett√© Wilhelm Staude, cet ouvrage constitue une contribution exceptionnelle √† la connaissance des populations du Mogho (pays Mossi, Haute-Volta) d’une part, √† celle des masques africains d’autre part et dont le contenu traite successivement : les masques et leurs formes - la topographie du masque - les groupes de masques - l’analyse de la forme - les masques de famille - les tombes des Nyonyosi - les Nyonyosi et les Sikomse - le grade et fonction - le statut des femmes - les f√™tes et les c√©r√©monies - les danses et la musique - les autels et animaux sacrificiels - les masques des Sikomse - le masque dans le mythe - le masque dans la tradition orale - les Suku - le vocabulaire - le vocabulaire comparatif - les textes- les peintures du masque Nyonyosi - Les caract√®res de masque - les signes sur les diff√©rents masques - le "contenu" des signes - le caract√®re naturel : l’image de l’id√©e - les signes synonymes et homonymes - les combinaisons de signes - le lien avec les mythes - la comparaison avec les signes des Dogon et des Bambara - le style - les √©l√©ments de forme - les √©l√©ments structurels - les modifications formelles cr√©atives - l’analyse de la forme : un moyen de trouver un plan structurel - l’analyse structurale des masques antilope - le mod√®le - le changement de style - la comparaison des masques et des vieilles sculptures de pierre.


===== COMPTE RENDU COMPLET PUBLIE PAR LA REVUE "PERSEE" =====

... /... Les probl√®mes relatifs √† la formation et √† l’√©quilibre ethnique des royaumes Mossi ne sont pas encore √©lucid√©s. Il semble qu’il faille r√©server le terme de Mossi (Mose) pour d√©signer une couche conqu√©rante qui s’est install√©e progressivement dans cette aire √† partir de la fin du XV√®me si√®cle ; elle comprend une aristocratie hi√©rarchis√©e, les Nakomse, et le peuple commun, les Taise. Les Nakomse d√©tiennent l’autorit√© politique dans les royaumes Mossi (Ouagadougou au Centre, le Yatenga au Nord et Ten Kodogo au Sud) ; ce sont eux surtout qu’a connus l’administration europ√©enne, l’image courante qui est donn√©e du pays est encore largement tributaire des informations, n√©cessairement subjectives, qu’ils ont fournies. Les Mossi proprement dits d√©signent par le terme d’« enfants de la terre » (Tengbisi) les descendants des populations qu’ils ont soumises, premi√®res occupantes. Le terme Nyonyose (singulier : Nyonyoga) est employ√© par Mme Schweeger-Hefel, comme √©quivalent de Tengbisi, ce qui correspond √† quelques nuances pr√®s √† l’usage des Mossi eux-m√™mes. Certains de ces Tengbisi, que l’on caract√©rise plus loin, sont d√©sign√©s par le terme Sikomse (singulier : Sikoaga) ; leur terre d’√©lection se situe √† l’Ouest d’une ligne Ouagadougou-Gourcy, mais on en rencontre ailleurs. Deux autres notions ethniques viennent compliquer ce tableau. Dans certaines r√©gions, il semble que des Ninisi (singulier : Niniga),qui repr√©senteraient les vestiges d’un vieux fond de population Mandingue faisant le pont entre les Samo au Nord et les Bisa au Sud, soient pr√©sents et jouent un r√īle dans les relations entre les Nyonyose et les Mossi proprement dits. Enfin, des traces d’une ancienne occupation par les Dogon (d√©nomm√©s ici kibisi) sont signal√©es sur une bonne partie du Mogho. Malgr√© l’emploi aujourd’hui g√©n√©ral du Mor√©, qui serait la langue des ma√ģtres politiques, le probl√®me des contacts et des survivances linguistiques restent √† revoir depuis le pays Dagomba (Nord Ghana) jusqu’au Lurum (Mengao, au Nord du pays Mossi) et au pays Dogon. L’enqu√™te de Mme Schweeger-Hefel a √©t√© limit√©e √† la vieille couche (« Altschicht ») d√©sign√©e sous le nom de Nyonyose et √† la fraction d√©sign√©e sous le nom de Sikomse. Commenc√©e sur le terrain en 1965 et se poursuivant encore, cette recherche apporte de nombreuses et nouvelles donn√©es sur les deux cat√©gories de population dont il s’agit. L’enqu√™te sur les Nyonyose est tr√®s riche en ce qui concerne le Lurum, le Yatenga et la r√©gion limitrophe situ√©e au Sud du Yatenga. La moiti√© du livre (six chapitres sur douze) est consacr√©e √† l’√©tude des masques, qui sont l’apanage de certaines familles Nyonyose. Le chapitre V apporte en outre de nombreux renseignements sur l’origine des Nyonyose, la hi√©rarchie de leurs dignitaires, leur langue « secr√®te » (plut√īt symbolique, mis √† part l’emploi du Kurumf√©, langue parl√©e au Lurum, dans certains cas), la situation de la femme dans cette soci√©t√© (situation importante et respect√©e mais existe le probl√®me des « mangeuses d’√Ęmes »), les f√™tes, les rites et les tombes. L’enqu√™te r√©v√®le que les Nyonyose du Nord ont pour chef supr√™me le Sad-Naba de Giou, village situ√© au Sud de B√©ma. Dominique Zahan avait d√©j√† fait conna√ģtre ce fait qui est ici explicit√©. Le Giou Sad-Naba est un Sawadugu, descendant des fondateurs du premier royaume de Lurum. On compte 21 g√©n√©rations entre l’arriv√©e du Sad-Naba √† Giou et notre √©poque. L’enqu√™trice pr√©cise que cette indication correspond √† celles qui ont √©t√© recueillies sur l’installation du premier A-Yo (Konf√©) et du premier Tengasoba √† Lurum. La conclusion de la paix entre les Konf√© et les Nyonyose, source de l’√©quilibre social du Lurum II, se situerait en cons√©quence aux alentours de 1530-1540. Le Sad-Naba aurait perdu son autorit√© politique mais int√©gralement conserv√© son autorit√© religieuse. Il est en particulier le gardien et le servant des √Ęmes des plantes. Le calendrier et les choix agricoles sont sous la d√©pendance de ses autels. Le Sad-Naba aurait en outre le r√īle d’une sorte de tribunal inter-fonctionnel pour le Yatenga. Mme Schweeger-Hefel √©crit : « Le Sad-Naba constitue aussi l’instance supr√™me juridique lors d’une dispute entre un Tengsoba et un chef ». Le ma√ģtre de la terre (Tengasoba), qui est en m√™me temps le servant de la terre, occupe partout une position √©minente. Son pouvoir s’√©tend dans certains cas sur une vaste r√©gion. Tous les Tengasoba ne disposent pas d’une force spirituelle √©gale. Cette force se manifeste en particulier par le contr√īle des ph√©nom√®nes atmosph√©riques. L’action protectrice des Nyonyose et de leur chef, le Tengasoba, s’exerce au profit de toutes les communaut√©s install√©es sur leur sol. Les instruments-autels cl√©s sont la hache pour la fertilit√© (terre, pluie, f√©condit√© humaine) et le masque sacr√© ‚ÄĒ le Karenga ‚ÄĒ pour la conservation de la vie, encore que les deux fonctions et les deux objets soient intimement li√©s. Le Karenga ne doit pas √™tre confondu avec le Wango, masque purement animalier le plus souvent, qui n’a pas la m√™me importance religieuse. Seules poss√®dent le Wango les familles qui ont aussi le Karenga, ce dernier √©tant r√©serv√© aux usages les plus √©lev√©s qui sont aussi les plus rares. Les familles habilit√©es par la tradition √† garder et servir les masques d√©tiennent un grand pouvoir : elles b√©n√©ficiaient d’une protection sp√©ciale de la part du Yatenga-Naba (chef supr√™me des Nakomse du Yatenga). Les formes et les signes des masques se retrouvent √† l’examen des st√®les pos√©es sur les tombes des Tengasoba. Un cimeti√®re comme celui de Gambo garde 52 de ces st√®les, ce qui r√©v√®le une anciennet√© de l’ordre de 500 ans (la dur√©e de fonction d’un Tengasoba √©tant courte car il s’agit d’un vieillard), d’autres cimeti√®res ont un moins grand nombre de st√®les (√Ęge : 250-300 ans). Mme Schweeger-Hefel a d√©couvert dans le Lurum des polissoirs ou petites meules manuelles, enterr√©es, pense-t-elle, √† l’√©poque de la fuite de certains Nyonyose du Lurum I vers le Sud, c’est-√†-dire dans la premi√®re moiti√© du XVI√®me si√®cle ; ces objets sont √©galement dans le style des masques les plus significatifs.

L’√©tude des Nyonyose conduit in√©luctablement √† celle des Sikomse comme nous avions pu le constater dans nos propres recherches (« Recherches sur les Nionioss√© », /Les Volta√Įques, nouvelle s√©rie, m√©moire n° 4, Centre IFAN-ORSTOM, Ouagadougou, 1963). Nous avions, pour la pr√©sentation, divis√© les Nyonyose en deux groupes : les Tengsobadamba et leurs parents d’une part, les Sikomse d’autre part. Cette distinction √©tait trop peu nuanc√©e puisque les Sikomse ont un Tengsoba quand ils vivent dans un village d’o√Ļ les Nyonyose sont absents ; il se trouve simplement, comme le montre l’enqu√™te de Mme Schweeger-Hefel, que le Tengsoba des Sikomse ne porte pas la hache, attribut essentiel de son homologue chez les Nyonyose. Bien que les Nyonyose et les Sikomse aient, d’apr√®s divers r√©cits mythiques, une commune origine ancestrale, il para√ģt dont l√©gitime de les distinguer. Mme Schweeger-Hefel s’est heurt√©e au secret dont s’entourent les Sikomse. Elle apporte n√©anmoins de nombreux renseignements sur la hi√©rarchie, les fonctions, la situation de la femme (aussi √©lev√©e, sinon plus, que chez les Nyonyose), les f√™tes et c√©r√©monies, les rites d’inhumation et de fun√©railles, les danses et la musique, les autels et les sacrifices (chapitre VII), sur les masques (chapitre VIII) et sur le Suku, langue secr√®te (chapitre IX) qui comprend notamment du Kurumf√© (environ 16 %) et du Mor√© artificiellement d√©form√© (environ 25 %). Avec les Sikomse, nous c√ītoyons un peu le roman d’angoisse et cette « Afrique myst√©rieuse » ch√®re √† la litt√©rature coloniale d’avant 1935, qu’il n’est pas si ais√© de rencontrer et d’observer. Les Sikomse sont surtout nombreux dans le Sud-Ouest du Mogho. Install√©s dans des enclos dispers√©s, d’aspect √©cras√©, aux murs bas, ressemblant un peu √† des forteresses, ils vivent volontiers dans des zones peu fertiles et peu accessibles. Ils sont souvent de petite taille. Les habitations ont de petites ouvertures. Leur vie marginale par rapport √† la soci√©t√© du Mogho est en harmonie avec leur isolement g√©ographique. La pauvret√© du sol et la m√©diocrit√© des ressources sont confirm√©es par l’√©tude des migrations actuelles : pr√©s d’un tiers des emigrants de l’Ouest sont des Sikomse (Kohler). L’entr√©e du s√©jour des morts pour le Mogho, les cavernes de Pilimpiku, se trouve dans cette r√©gion. Il y aurait au moins deux cavernes, l’une √©tant aux soins des Nyonyose, l’autre √† ceux des Sikomse, chaque cat√©gorie pratiquant un culte distinct. La mort en pays Mossi est ainsi r√©gent√©e par ces deux groupes. Les masques des Sikomse sont nombreux mais peu d’exemplaires peuvent en √™tre examin√©s. On sait peu de chose sur le masque sacr√© (ce serait le masque dit « jeune fille » dans certains cas). Les masques courants sont des casques animaliers ; le porteur est enti√®rement cach√© et danse aveugl√©ment. Il s’agit de danses de possession. Le masque est ici fait pour la danse. Enqu√™tant au village de Pela, Mme Schweeger-Hefel n’a pas eu acc√®s aux masques ; elle reproduit n√©anmoins les int√©ressants dessins faits sur un cahier par un jeune homme mandat√© √† cet effet par le chef. Les autels sont, bien entendu, plus secrets encore. Comparant les Nyonyose et les Sikomse, Mme Schweeger-Hefel conclut avec circonspection √† deux structures fondamentales semblables mais √† deux missions distinctes. Les chefs de terre des Nyonyose sont au service du bien public auquel contribuent le culte de la terre et des √©l√©ments atmosph√©riques d’une part, celui des anc√™tres sanctifi√©s d’autre part. Les Nyonyose occupent un rang sup√©rieur √† celui des Sikomse. Ceux-ci sont charg√©s de d√©tourner, voire d’assumer, les forces mauvaises des esprits des morts errant sur terre et de s’assimiler aussi √† ces innombrables g√©nies de la nature (des eaux, des monts, des roches et surtout des arbres) que sont les Kinkilika ou Kinkirga. Les Sikomse sont en contact avec le dangereux monde du mouvement, du d√©sordre, de la sauvagerie ‚ÄĒ du monde panique en somme, interpr√®terons-nous. On peut constater que, dans la soci√©t√© traditionnelle, les pouvoirs de ces premiers occupants que sont les Nyonyose et les Sikomse sont des √©l√©ments d’√©quilibre face au pouvoir temporel l√©gitime (le Nam) que d√©tiennent les Nakomse. L’emploi de la force (Panga) est autant que possible √©vit√© de part et d’autre.

Les masques Nyonyose √©tudi√©s proviennent pour la plupart du Lurum ou du Yatenga ou s’y trouvent encore. Ils se divisent en huit groupes : 1 ‚ÄĒ Masques √† forme humaine abstraite (famille Oueremi, Tomi, Sal√©, 17 pi√®ces) ; 2 ‚ÄĒ Masques abstraits avec une partie visage non unitaire (masques simples au symbolisme riche - famille Sal√© de Hit√©, Sawadugu ou Tao de Aribinda et Belehede, Sampor√© de Burgha, Gamsor√© de Sala - 8 pi√®ces) ; 3 ‚ÄĒ Masques √† st√®le courte, non d√©membr√©e, √† la mani√®re d’une planche (masques de certains Tengasoba sur un espace tr√®s restreint ‚ÄĒ 6 pi√®ces) ; 4 ‚ÄĒ Longs masques-st√®les (masques des Tengasoba Sawadugu sur un vaste espace entre Ouahigouya, Gourcy, Rambo et Loga ‚ÄĒ 34 pi√®ces) ; 5 ‚ÄĒ Masques √† repr√©sentation humaine r√©aliste, avec ou sans st√®le (leur pr√©sence est certaine dans le Nord, probable ailleurs ‚ÄĒ 21 pi√®ces) ; 6 ‚ÄĒ Masques √† ailes (le motif central va de la repr√©sentation r√©aliste de l’humain √† l’abstraction totale ‚ÄĒ on les trouve surtout au Sud-Est entre Kaya et Boulsa ‚ÄĒ 13 pi√®ces) ; 7 ‚ÄĒ Masques-√©p√©es (6 pi√®ces dont deux de la famille Tao de Yoro ‚ÄĒ cela va du masque- espadon au masques-battoir ‚ÄĒ ces masques sont li√©s √† la notion de tissage) ; 8 ‚ÄĒ Masques-coiffes √† t√™te d’antilope (au cŇďur du Yatenga sur une vaste superficie entre Ronga et Tambonga ‚ÄĒ 26 pi√®ces). Les masques karenga se trouvent principalement dans les cinq premi√®re cat√©gories. Les masques Wango sont surtout ceux de la huiti√®me cat√©gorie. Mme Schweeger-Hefel relate de nombreux « mythes de masque ». Elle montre comment par sa structure, par les signes qu’il porte, par sa fonction d’autel (s’agissant d’un Karenga), le masque est ins√©parable du r√©cit mythique, de la danse et du chant. Le masque pr√©sente en particulier un rythme formel, une succession de s√©quences longues et de s√©quences courtes, qui est √† rapprocher du rythme de la danse qui lui est r√©serv√©e. Le chapitre XII est consacr√© √† l’analyse du style des masques. L’√©l√©ment fondamental r√©side dans une proportion bien pr√©cise du corps humain qui se rapproche grandement des mesures naturelles, avec une progression en ce sens quand on remonte vers l’√©poque actuelle. La pr√©sence des deux sexes est fr√©quente et ancienne dans les repr√©sentations, souvent abstraites (nous songeons personnellement au couple Guisga-Pand√© que nous avons plusieurs fois rencontr√© dans nos recherches). Il existe une corr√©lation entre l’abstraction (ou au contraire l’individualisation) du r√©cit mythique et celle du masque. L’image originaire (Urbild) du masque est la plus abstraite : elle correspond au mythe d’origine (Urmythe) , au lieu o√Ļ il est relat√©. Gr√Ęce en particulier aux travaux de Michel Izard, de Wilhelm Staude et de Annemarie Schweeger-Hefel, nous approchons d’une exacte connaissance de la culture des populations du Nord-Mossi et du Lurum. L’enqu√™te de Mme Schweeger-Hefel apporte aussi de pr√©cieux renseignements sur le Sud-Ouest mais il est √©vident que l’√©tat des informations sur les Sikomse et les" hommes de l’arc" (les Tieparse) est encore fragmentaire. Un travail comparable √† celui qu’a r√©alis√© Mme Schweeger-Hefel serait du plus haut int√©r√™t pour le Sud, depuis Kaya jusqu’aux fronti√®res ghan√©enne, b√©ninoise et togolaise. Les Nyonyose paraissent y former des sortes de f√©d√©rations hi√©rarchis√©es qui ont des relations d’alliance avec les hi√©rarchies familiales des Nakomse. L’institution du Wemba, intercesseur aupr√®s des chefs, ne leur est peut-√™tre pas √©trang√®re. Mme Schweeger-Hefel ne semble pas avoir rencontr√© au cours de ses investigations la couche, √©galement ancienne, des Ninisi. Le fait est curieux pour l’Ouest. Le ph√©nom√®ne Niniga m√©riterait une enqu√™te s√©rieuse aupr√®s du Ouagadougou Naba, du Souma Naba (r√©gion de Yako), dans les familles Llboudo et dans de nombreux villages (Recherches pr√©cit√©es, p. 4243). Les chefs de guerre du Sud (les Tansoba) devraient retenir l’attention √† ce point de vue. On retrouverait sans doute, √† la faveur d’une telle investigation, les forgerons dont Mme Schweeger-Hefel a commenc√© l’√©tude (« Masques et forgerons », p. 176). La chasse et les chasseurs sont pr√©sents dans les r√©cits d’origine ; leur √©tude, qui conduirait √† celle de l’autel Sing appara√ģt √™tre le compl√©ment n√©cessaire de celle des Tengbisi. Si on retient le sch√©ma historico-social fourni par la tradition orale qui fait des Mossi proprement dit (Nakomsc et Taise) un peuple mobile de cavaliers guerriers fix√© aupr√®s de populations autochtones, peut-on admettre que ce peuple n’aurait pas eu de masques ? Nous en doutons. Le probl√®me des Mo-Wamdo (Masques des Mose) est √† examiner s√©rieusement dans le royaume de Ouagadougou. Il devrait √™tre indicatif de la valeur du sch√©ma traditionnel. La complexit√© de l’ensemble « Mossi » est-elle un cas isol√© dans cette r√©gion d’Afrique ? Il ne le semble pas (exemple : le pays Mawri au Niger), encore qu’elle soit ici extr√™me.

Robert PAGEARD.

 
 

 

SCHWEEGER-HEFEL A.

MASKEN UND MYTHEN

Sozialstrukturen des Nyonyosi und Sikomse in Obervolta

Wien 1980
Relié
Prix:  69,00 €
 

Ce superbe ouvrage "Masken und Mythen" qui a pour th√®me les masques et les mythes √† travers les structures sociales des Nyonyose et des Sikomse de Haute-Volta r√©uni 2 volumes sous emboitage pvc regroupant :
-  Un livre contenant le texte, agr√©ment√© de nombreux croquis et suivi d’un hors texte de 170 photos de terrain en noir et blanc.
-  Un portfolio de 136 croquis de masques.

D√©di√© au regrett√© Wilhelm Staude, cet ouvrage constitue une contribution exceptionnelle √† la connaissance des populations du Mogho (pays Mossi, Haute-Volta) d’une part, √† celle des masques africains d’autre part et dont le contenu traite successivement : les masques et leurs formes - la topographie du masque - les groupes de masques - l’analyse de la forme - les masques de famille - les tombes des Nyonyosi - les Nyonyosi et les Sikomse - le grade et fonction - le statut des femmes - les f√™tes et les c√©r√©monies - les danses et la musique - les autels et animaux sacrificiels - les masques des Sikomse - le masque dans le mythe - le masque dans la tradition orale - les Suku - le vocabulaire - le vocabulaire comparatif - les textes- les peintures du masque Nyonyosi - Les caract√®res de masque - les signes sur les diff√©rents masques - le "contenu" des signes - le caract√®re naturel : l’image de l’id√©e - les signes synonymes et homonymes - les combinaisons de signes - le lien avec les mythes - la comparaison avec les signes des Dogon et des Bambara - le style - les √©l√©ments de forme - les √©l√©ments structurels - les modifications formelles cr√©atives - l’analyse de la forme : un moyen de trouver un plan structurel - l’analyse structurale des masques antilope - le mod√®le - le changement de style - la comparaison des masques et des vieilles sculptures de pierre.

 
 

Réf. Tribal-youBooks  : [20/599]
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MASKEN UND MYTHEN

Sozialstrukturen des Nyonyosi und Sikomse in Obervolta

Type d'ouvrage 
:Ouvrage généraliste ou thématique
Editeur  : Verlag A. Schendl, Wien,  1980
Relié avec reliure d'éditeur Tr√®s bon √©tat , 2 vol. , 18.5 x 25.5 cm
ISBN 3-85 268-070-0
Contenu
: Contenu : biblio.
Vol. I : 480 p., 2 cartes, 54 tabl., 15 sch., 92 dess. n/b., + 68 p. dont 67 pl. n/b. avec 170 ill. n/b., — Vol.II : portfolio avec 136 pl. dess. n/b.,
Informations
 complémentaires
: Texte en allemand.
Poids 
: Poids : 2120 g
Etat de l'ouvrage 
: Très bon état
Prix 
: 69,00 €
 

Ce superbe ouvrage "Masken und Mythen" qui a pour th√®me les masques et les mythes √† travers les structures sociales des Nyonyose et des Sikomse de Haute-Volta r√©uni 2 volumes sous emboitage pvc regroupant :
-  Un livre contenant le texte, agr√©ment√© de nombreux croquis et suivi d’un hors texte de 170 photos de terrain en noir et blanc.
-  Un portfolio de 136 croquis de masques.

D√©di√© au regrett√© Wilhelm Staude, cet ouvrage constitue une contribution exceptionnelle √† la connaissance des populations du Mogho (pays Mossi, Haute-Volta) d’une part, √† celle des masques africains d’autre part et dont le contenu traite successivement : les masques et leurs formes - la topographie du masque - les groupes de masques - l’analyse de la forme - les masques de famille - les tombes des Nyonyosi - les Nyonyosi et les Sikomse - le grade et fonction - le statut des femmes - les f√™tes et les c√©r√©monies - les danses et la musique - les autels et animaux sacrificiels - les masques des Sikomse - le masque dans le mythe - le masque dans la tradition orale - les Suku - le vocabulaire - le vocabulaire comparatif - les textes- les peintures du masque Nyonyosi - Les caract√®res de masque - les signes sur les diff√©rents masques - le "contenu" des signes - le caract√®re naturel : l’image de l’id√©e - les signes synonymes et homonymes - les combinaisons de signes - le lien avec les mythes - la comparaison avec les signes des Dogon et des Bambara - le style - les √©l√©ments de forme - les √©l√©ments structurels - les modifications formelles cr√©atives - l’analyse de la forme : un moyen de trouver un plan structurel - l’analyse structurale des masques antilope - le mod√®le - le changement de style - la comparaison des masques et des vieilles sculptures de pierre.

 
 

 

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